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Ashutosh Gowariker

10 juillet 2005

Le réalisateur indien Ashutosh Gowariker était présent le 14 juin 2005 pour l’avant-première de son dernier film en France, Swades. Inde en ligne a profité de son passage pour une interview où il nous parle de Lagaan, ainsi que de son dernier film Swades. Nous l’avons interrogé sur sa carrière, le compositeur de musique de films A.R Rahman, son prochain film et comment il voit l’avenir du cinéma indien en France. Nous l’avons rencontré pour vous dans un grand hÃ’tel parisien.

Ashutosh Gowariker - 16 ko
Ashutosh Gowariker

IEL : Ashutosh Gowariker, bonjour. Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs d’Inde en ligne ?

AG : Bonjour tout le monde. Je suis Ashutosh Gowariker, réalisateur indien. Mon précédent film qui a été en salle en France et apprécié par le public français est Lagaan, qui veut dire "taxe" avec Aamir Khan. Je suis ici aujourd’hui pour l’avant-première de mon nouveau film Swades avec Shahrukh Khan.

IEL : Vous venez de répondre à ma deuxième question qui est pourquoi vous êtes en France aujourd’hui ?

AG : (sourire) Avec joie pour l’avant-première de Swades. Vous savez cela me donne une fierté exceptionnelle de savoir que mon film Lagaan est sorti ici et a été très apprécié et j’espère connaître la réaction du public français à un film comme Swades.

IEL : Lagaan, sorti en 2001 a été le premier film Bollywood à être distribué à l’échelle nationale en France et a connu un succès mondial. Comment expliquez-vous cette réussite ?

AG : Vous savez, je crois que Lagaan est une étrange composition de divers thèmes. Je dirais que c’est un cocktail étrange, car ce film retrace une certaine période de l’histoire, c’est un drame social mais aussi un film romantique, une comédie musicale et également un film sportif. Donc, c’est réellement une étrange composition et je crois que, quand les gens sont allés voir ce film, c’est cette qualité qui les attire et je pense que c’est une des raisons principales qui a assuré son succès. Il a marché en France, malgré la présence du cricket, de même aux Etats-Unis, terre du baseball. Je suis confiant que Swades va être apprécié encore plus car il n’y a pas de cricket cette fois-ci (sourires) !

IEL : Votre dernier film, Swades, sortira en salle en France à la fin du mois de Juin. Quel est le message que vous souhaitiez faire passer en réalisant ce film ? Il semblerait qu’il s’adresse aux indiens non-résidents.

AG : Non, Swades s’adresse à chaque indien du pays et également à ceux qui vivent à l’étranger. Cependant, vous pouvez penser que ce film est un appel aux indiens non-résidents de revenir au pays, ce qui n’est pas le cas. Je ne suis pas contre la fuite des cerveaux ni de la main d’oeuvre. Je pense que si vous avez une opportunité d’aller à l’étranger soit pour gagner plus d’argent, soit pour poursuivre les études, vous devez profiter de cette occasion et vous devez le faire. Je voulais juste dire qu’à un moment de votre vie, vous devez faire une pause et regarder en arrière, à ce que vous avez laissé et essayer de voir si vous pouvez contribuer à une action par n’importe quel moyen. Cette contribution ne doit pas forcément être d’ordre financier mais elle peut avec des idées. En Inde, il y a deux types de migration. Une des villages vers les villes et l’autre, des villes vers des pays étrangers. Pour les villageois qui émigrent vers les villes, c’est principalement parce que dans les villages, on ne trouve pas d’opportunités, donc ils se dirigent vers les villes. Ce qui se passe c’est que les villages deviennent de plus en plus vides et les villes surpeuplées. Je veux dire que l’on doit trouver un moyen d’empêcher ce mouvement en créant des opportunités dans l’environnement où l’on vit. C’est en faisant ceci que nous pourrions avoir un équilibre entre la modernisation des villes, qui actuellement deviennent asymétriques. Vous avez des villes qui sont de plus en plus modernes, ce qui crée une illusion que l’Inde est vraiment en train de se développer mais ce n’est pas le cas puisque les villages sont au même point qu’il y a probablement 50 ou 80 ans. Ainsi, je pense qu’il faut rattraper ce retard en pensant à ce que l’on peut apporter. De manière modeste dans Swades, j’essaye de dire une chose simple qui est qu’on ne doit pas attendre à ce que le gouvernement agisse ou que l’on pense que ce n’est pas de notre ressort, que c’est aux autres de le faire. On doit essayer de voir comment l’on peut nous même faire la différence. C’est le message que Swades tente de faire passer et la raison pour laquelle j’ai utilisé le sous-titre, "Nous, le peuple".

IEL : A.R Rahman a composé la musique pour Lagaan et vous l’avez également choisi pour Swades. Pourquoi ce choix et que pensez-vous d’A.R. Rahman en tant que compositeur de musique de films ?

AG : Vous savez quand vous parlez d’A.R Rahman, vous ne pouvez pas dire que je l’ai choisi, c’est plus juste de dire, qu’il m’a choisi pour Lagaan. Je crois que A.R. Rahman est celui qui s’est complètement impliqué et a une connaissance profonde de la musique indienne : la musique folklorique indienne, la musique traditionnelle, la musique classique mais aussi une connaissance de la musique classique occidentale et la musique du monde. Toutes ces connaissances se retrouvent dans les musiques qu’il compose pour les films. Pour Lagaan, les chansons ainsi que la musique de fond a permis d’élever le film de 40% et je trouve cela formidable ! Après Lagaan, un bon rapport s’est établi entre nous deux, et ainsi, il était naturel que pour Swades, il composerait la musique. En ce qui me concerne, je souhaiterais que Rahman le fasse pour tous les films que je réaliserai. Vous savez, vous apprenez beaucoup de choses en travaillant avec lui. J’ai même dû changer le scénario de manière à ce que l’on puisse atteindre musicalement, ce que l’on a pas pu par les scènes jouées. Vous voyez donc que Rahman est fantastique et il composera également la musique de mon prochain film.

IEL : Dans Lagaan et Swades, vous avez choisi des vedettes de Bollywood en tant que héros : Aamir Khan (Lagaan) et Shahrukh Khan (Swades). Cependant, pourquoi avez-vous choisi une héroine moins connue (Gracy Singh) ou une autre totalement inconnue (Gayatri Joshi) du public ?

AG : Lorsque vous avez une vedette dans votre film et en particulier dans le cas de Lagaan et Swades, il est certain qu’elle va le propulser avec un budget comme pour Lagaan ou faire passer un message pour Swades. Vous avez besoin d’un visage connu qui peut conduire le film dans les coins reculés du pays. Dans Lagaan, j’essaye de dire que Bhuvan, vit dans un village qui s’appelle Champaneer et le village en entier est quelque chose que vous ne connaissez pas, un village nouveau. C’est pourquoi, j’ai voulu des visages inconnus pour tous. C’est ce que j’ai fait et même pour l’héroine, il était important d’avoir quelqu’un comme Gracy Singh, qui est une femme très naturelle. De même pour Swades, Mohan (Shahrukh Khan) vient visiter Charanpur. Ce village devait être nouveau, de là , tous les villageois sont nouveaux ainsi que Geetha (Gayatri joshi). C’est pourquoi, il était important d’avoir de nouveaux personnages et des nouvelles héroines.

IEL : Peut-on classifier vos films dans le format Bollywood ou serait-ce plutôt un mélange de Bollywood et de cinéma d’auteur ?

AG : (réfléchit) Une question difficile que vous me posez là . Comment dire...Oui, mais je n’aime pas employer le terme de Bollywood, je dirais plutôt "Mumbai film industry product" (production de l’industrie du cinéma de Mumbai), un film avec des chansons. En essayant de rester dans ce format, je souhaiterais même dans le futur, faire des films avec des divertissements tout en faisant passer un message d’ordre social.

IEL : Comment voyez-vous l’avenir du cinéma indien en France ?

AG : (sourire) Je ne peux pas vous le dire et j’aimerais bien le savoir. On est dans une période où beaucoup de pays découvrent le format musical. C’est exactement comme le cinéma chinois a percé en Inde avec le Kung-Fu. Mais après un certain temps, cet engouement a diminué car je crois que le cinéma chinois n’a pas pu durer ou nous donner autre chose que le Kung-Fu pendant cette période. Je ne veux pas que cela se produise pour le cinéma indien. Le public français doit découvrir le format musical qui est populaire en Inde. Mais, il existe d’autres genres de cinéma comme le film de 90 minutes sans chansons, une nouvelle vague qui en ce moment déferle en Inde. Ainsi, je souhaite que le public français découvre tout type de cinéma qui émane de l’Inde et qu’il ne s’attende pas toujours aux chansons et aux danses.

IEL : On va maintenant parler de votre carrière. Vous étiez acteur avant de devenir réalisateur. Qu’est ce qui vous a incité à entrer dans le monde du cinéma ?

AG : En fait, je suis devenu acteur par accident. Je n’ai jamais eu l’envie ni l’idée de devenir acteur ou de travailler dans l’industrie du cinéma. J’étais étudiant en chimie et pendant les études universitaires, je faisais un peu de théâtre et une des pièces que j’ai joué a plu à un réalisateur et il m’a attribué un rôle dans un de ses films. Le film s’appelait Holi (1984) de Kitan Mehta et Aamir Khan jouait à mes côtés. Après Holi, je me sentais bien dans la peau d’un acteur et j’ai continué. Il arriva un moment où j’étais déçu avec les rôles que l’on m’attribuait. J’ai développé une passion pour la réalisation. Ainsi, en dix ans, lorsque j’étais acteur, j’observais les réalisateurs avec qui je travaillais. Et, j’ai utilisé toutes ces expériences pour réaliser mon premier film, Pehla Nasha (1993).

IEL : Avez-vous des films en préparation ? Pourriez-vous nous en dire plus ?

AG : Oui, je travaille sur un scénario que je suis entrain d’écrire en ce moment. Le film s’appellera Jodha-Akbar et l’histoire se situe au 16ème siècle pendant la dynastie Moghol en Inde. Ce film relate le mariage entre l’empereur Akbar et la princesse hindou, Jodha et comment après leur mariage, leur amour a diminué. Il s’agit d’un film d’amour épique.

IEL : Vous allez probablement choisir A.R. Rahman pour la musique ?

AG : Absolument, l’acteur principal qui jouera le rôle d’Akbar sera Hrithik Roshan. Permettez moi de vous dire également que le film parlera du jeune Akbar jusqu’à ce qu’il ait atteint l’âge de 27 ans. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi un jeune acteur, Hrithik.

IEL : Est-ce que vous aimez la France ?

AG : Je pense qu’il est un peu prématuré de dire ce que je pense de la France, je n’ai pas encore eu le temps de découvrir votre pays. C’est ma deuxième visite ici et cela ne dure pas plus de 4 jours. Ainsi, comme n’importe quel touriste qui vient à Paris, j’ai effectué le rite habituel. A savoir, monter et descendre la Tour Eiffel, visiter Montmartre, le musée du Louvre... Mahatma Gandhi a dit : "Si vous voulez connaître l’Inde, aller visiter les villages", car l’Inde repose sur ses villages. Je pense qu’il y a une vérité universelle dans ce qu’a dit le Mahatma. La même chose s’applique donc à la France, si je veux la connaître. Je dois découvrir la campagne, les villages. La prochaine fois, je prendrai deux semaines pour découvrir les villages ainsi que les autres villes comme Marseille, Lyon, Nice. Mais j’aimerais également voyager à travers le pays pour en connaître davantage. Vous savez que les villes comme Paris, Londres, New-York sont devenus des mélanges interculturels où le vrai visage du pays est un peu submergé. Je pense donc que je dois découvrir la France dans les deux sens (sourire).

IEL : Un message que vous souhaitez adresser à nos internautes ?

AG : Allez voir Swades s’il vous plaît ! (rires)

IEL : Ashutosh Gowariker, merci.

AG : Merci à vous !


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