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Interview de Satya Oblette, le mannequin franco-indien aux 1000 et une facettes

19 mai 2014

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Satya Oblette s’est fait connaître, dans les années 90, sur les plus grands catwalks du monde grâce à ses cheveux blonds. Aujourd’hui, loin des podiums, il utilise sa notoriété pour aider les autres et pour rapprocher ses deux pays, l’Inde et la France. A l’occasion de la sortie de son livre, Une vie en 1000 morceaux, Inde en ligne l’a rencontré.


IEL : Avec du recul, qu’avez-vous préféré dans votre carrière de mannequin ?

Satya Oblette : J’ai adoré les voyages et les rencontres avec, par exemple, le créateur Kenzo ou encore le photographe Mondino ; des personnes et des personnages qui ont eu des vies trépidantes et des carrières extraordinaires. Ce sont des gens qui sont passionnants et passionnés. A cette époque dans le mannequinat, on avait plus de liberté d’action et de création. Les stylistes n’avaient pas encore rejoint les grands groupes, comme LVMH. Il m’est arrivé de partir défiler à Tokyo ou de faire le show devant 15 000 personnes. Ce sont des choses qui m’ont marqué car on ne les vit pas forcément tous les jours.

IEL : Pourtant, dans une interview, vous aviez déclaré avoir « vécu la notoriété comme une maladie ». Qu’est-ce qui vous a déplu dans cette gloire ?

Satya Oblette : La notoriété n’est pas quelque chose de facile à gérer quand cela vous tombe dessus, on doit apprendre à vivre avec. Lorsque l’on débute jeune, on appréhende les choses différemment que lorsqu’on est mature et que l’on acquiert, par définition, une certaine expérience. C’est un milieu dans lequel il faut se protéger des uns et des autres, on rentre facilement dans une sorte de carapace. Socialement, on peut alors paraître un peu arrogant ; mais ce n’est pas de l’arrogance, c’est de la protection. C’est marrant parce que Coluche disait que pour la première personne qui vient vous voir dans la rue, vous êtes pour elle la première de la journée et pour vous, elle est la centième de la journée.

Satya et ses engagements caritatifs

IEL : Vous êtes parrain de l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque. Pourquoi cette cause vous tient-elle particulièrement à cœur plus qu’une autre ?

Satya Oblette : J’ai eu la chance de rencontrer le Professeur Francine Leca, fondatrice de l’association, qui est devenue un peu ma "drogue". Mécénat Chirurgie Cardiaque est une vraie famille pour quiconque rejoint l’association, de l’ambassadeur au bénévole. J’ai vu d’autres associations ou d’un point de vue médiatique on a tendance à dire « oui c’est génial, c’est un peu comme une famille ». Dans cette association, c’est vraiment le cas ! Les ambassadeurs sont extrêmement nombreux et issus d’univers très différents (PPDA, Ines de la Fressange, Paul Belmondo, Chantal Thomas...). Ils apportent volontiers leur image au profit de Mécénat une première fois et au final c’est un don ad vitam aeternam ; les ambassadeurs sont très fidèles. Il y a donc un lien très fort au sein de l’association. Le lien et l’histoire que l’on peut raconter sont les deux choses primordiales dans ma vie. Et dans cette association, j’ai les deux, une histoire que je peux raconter et un lien.

IEL : Souvent, on a tendance à attendre de connaître un proche qui traverse une situation difficile (accident, pauvreté...) pour prêter main forte aux associations.

Satya Oblette : C’est juste. Pour être ouvert ou attentif à une action, on attend souvent qu’il se passe un drame autour de nous. C’est typiquement français d’attendre un événement pour s’intéresser à une cause.

IEL : Avez-vous des idées pour faire changer les mentalités françaises ?

Satya Oblette : En France, non aucune. Il faut tout raser et tout recommencer. On est dans un climat politique et éducatif de répression et non d’éducation comme dans les pays anglophones ou germanophones ou scandinaves. Tant qu’on regardera toujours son nombril, cela ne fonctionnera pas. Il n’y a donc pas de leçon à donner, je sais qu’en France c’est mort. C’est juste un constat, les choses fonctionnent hélas comme cela.

IEL : Qu’avez-vous retenu de votre passage au PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) en tant qu’ambassadeur ?

Satya Oblette : J’avais déjà commencé à m’intéresser à l’humanitaire il y a fort longtemps, avec notamment l’Afrique. Je me suis aperçu que c’était quand même bien d’avoir un conteneur sur lequel était inscrit « Nations Unies » pour être sûr que l’aide arrive à destination. L’ONU m’a aussi permis de faire la rencontre de belles personnalités avec lesquelles nous avons réalisé des campagnes pour le PNUD (Jeanne Morreau, Ronaldo, Zidane etc.). Tout ce qui est onusien est une grosse machine de guerre, sans jeu de mots. Lorsque les gens qui sont sur le terrain, en Afrique en Asie ou ailleurs, demandent une simple pelle pour creuser un trou, il faut hélas que cela passe par des bureaux. Dans mon livre, je donne des exemples de choses auxquelles j’ai été confronté à cause de cette bureaucratie.

IEL : Vous auriez aussi lancé la fondation Satya Oblette qui se préoccupe de la redistribution des moyens de création de richesses dans le monde, quel est votre objectif ?

Satya Oblette : C’est marrant que vous ayez cette info. Je n’ai pas de fondation dédiée à cette problématique et il n’y en aura jamais. Le projet va néanmoins bientôt voir le jour sous une autre forme. Dans une fondation, on n’a pas le droit de faire des profits. Or, dans ce projet, on va vendre des conteneurs par le micro-crédit pour développer une économie de marché dans des nano-territoires qu’on aura choisi préalablement.

IEL : Vous parlez de micro-crédit, quelles sont vos sources d’inspiration en dehors du Prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus ?

Satya Oblette : Il y a par exemple la fondation Finka International dont l’actrice Natalie Portman est l’ambassadrice. C’est le même modèle, même si les projets et les périmètres varient. Je reste discret en ce moment, mais vous serez informé de tout cela en temps et en heure.

Une fibre d’entrepreneur

IEL : D’après des informations sur le web, vous auriez lancé une marque de vêtements sous le nom de Satya, commercialisée en France en Angleterre et aux USA. Est-ce vrai ?

Satya Oblette : C’est complètement faux mais c’est effectivement ce qui se balade sur Google ; nous allons faire le ménage d’ici novembre. Nous sommes en train de mettre en place un site marchand qui va s’appeler USH (Unlimited Satya Horizon). Il y aura des produits phares et faciles d’accès, comme des accessoires pour homme. On va reprendre des créations que j’ai pu porter à l’époque où j’étais mannequin que l’on va remettre au goût du jour. Sur ce site, il y aura aussi d’autres marques, pas seulement françaises, qui feront du co-branding avec mon nom.

IEL : Quel est votre rôle dans ce futur site marchand ?

Satya Oblette : Je m’occupe de choisir les vêtements mis en vente, la partie design de la collection si vous voulez. Aujourd’hui, je suis par exemple habillé de la tête au pied avec des prototypes de la collection. Nous ciblons les hommes urbains de 25 à 45 ans.

IEL : Vous êtes l’égérie de la publicité pour l’alcool Miranito, « la 1ere boisson métisse ». En quoi est-ce une boisson qui vous ressemble ?

Satya Oblette : Paul, qui est à l’origine du produit a d’abord créé la Miranille, composée de mirabelles de Lorraine et de vanille de Madagascar. Il y a un côté social business avec la production de la Miranille. La vanille cultivée à Madagascar permet à des personnes d’en vivre là-bas. Pour fabriquer le Miranito, on supprime la base de rhum du mojito pour la remplacer par de la Miranille. Sur le plan publicitaire, je suis ambassadeur d’image pour Miranille et Miranito. Je vais aussi m’occuper d’autres aspects plus commerciaux, comme la distribution en Inde.

IEL : Comment comptez-vous commercialiser Miranito en Inde ?

Satya Oblette : Le magazine indien Fashionomical a dressé la liste des 25 personnalités indiennes de l’année. Je fais partie de cette liste aux côtés de Ratan Tata et Mukesh Ambani. Le magazine souligne que j’aimerais bien développer Miranito en Inde. Je n’y ai pas encore travaillé mais j’adorerais venir sur le marché indien avec mes produits. Pour moi, c’est le rêve ultime. La boucle serait ainsi bouclée.

Indien français ou français indien ?

IEL : Vous avez appris l’italien en langue étrangère, pourquoi pas le tamoul pour renouer avec vos origines ?

Satya Oblette : Après l’anglais, j’ai appris en deuxième langue l’italien. Tout simplement parce que dans mon collège, dans la Loire, le tamoul n’était pas enseigné. Mais j’ai plein d’amis qui m’encouragent à apprendre le tamoul. Raghunath Manet, célèbre danseur et chorégraphe indien, m’y incite à chaque fois que l’on va Pondichéry ou que je me rends chez lui. Mais ce n’est pas en un mois que je vais apprendre le tamoul. Peut-être qu’au final ce sera le hindi avant le tamoul car il est plus parlé et autant aller au plus pratique. Et en même temps, comme tout le monde parle anglais, cela n’aide pas à apprendre le hindi...

IEL : Du coup, qu’est-ce qui vous rattache à l’Inde en dehors de votre lieu de naissance, Pondichery ?

Satya Oblette : C’est un tout, c’est dans mon ADN. C’est quelque chose que l’on a au fond de soi.

IEL : Vous sentez-vous tiraillé entre les deux cultures ou plus lié à l’un des deux pays ?

Satya Oblette : Ni l’un ni l’autre. On se sent tiraillé quand on se pose des questions. Quand on est apaisé, tout parait naturel. Certains pourraient dire que ma première langue est le français et que je suis habillé en jeans et non en dhoti. Mais au-delà des apparences, il y a aussi ce que l’on ressent au fond de soi, sa gestuelle ou encore sa façon d’être. Ma compagne me fait d’ailleurs souvent remarquer que j’ai des traits de caractère propres aux Indiens.

IEL : On dit effectivement qu’il y a des défauts types dans chaque culture.

Satya Oblette : en l’occurrence je parlais des qualités (rires) ! Mais effectivement vous avez raison, il y a des défauts et des qualités qui appartiennent à chaque culture.

IEL : Quand vous êtes en Inde, vous sentez-vous chez vous ?

Satya Oblette : Je ne sais pas, bien que je détienne un passeport indien. Je suis chez moi sans être chez moi. Je n’y ai jamais vécu comme j’ai pu vivre ailleurs, aux USA, en Afrique ou encore en France.

Le futur de Satya

IEL : Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Satya Oblette : Il y a Miranille Miranito, le site marchand USH et je travaille aussi sur un projet entre l’Inde et l’Europe. L’objectif est de pouvoir créer des passerelles entre des entreprises européennes et des groupes indiens comme Tata ou Oberoi,

IEL : Et dans 10 ans, à quoi aimeriez-vous que votre vie ressemble ?

Satya Oblette : Dans 10 ans, je ne sais pas du tout si on se souviendra de moi. En tout cas, moi je ne serai plus là. Je serai sans doute ailleurs avec ma femme, mes enfants, mon chien et tout ira bien. Dans 10 ans... en fait, ce sera peut-être même dans 5 ans !

IEL : Merci beaucoup Satya pour votre temps.

A lire : OBLETTE, Satya (2014) Une vie en 1000 morceaux, Fayard


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Mohini Appavoupillai-Garnier




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