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Le vin en Inde : une tradition retrouvée

2 octobre 2008


Curry et masala vont-ils se marier désormais aux saveurs du sauvignon et du shiraz ? C’est ce que pense Reva Singh, la rédactrice en chef de Sommelier India, le premier (et pour l’instant unique) magazine indien consacré au vin.

De Delhi à Bombay, le vin est devenu un véritable phénomène social dans les classes sociales aisées, stimulé par la nouvelle viticulture indienne qui redécouvre depuis quelques années cette tradition millénaire, tombée en désuétude.

Les premières traces de consommation et de production du vin remontent à la civilisation Harappéenne qui s’était développée dans la vallée de l’Indus, entre l’actuel Pakistan, le Penjab et le Rajasthan, il y a plus de 4000 ans. Des vestiges archéologiques liés à la fabrication du vin, trouvés sur les anciens sites, en témoignent.

Le vin était aussi connu pendant la période védique (1800 à 800 ans avant notre ère), et sans doute utilisé lors des rituels religieux. S’agissait-il du somo-rasa, la boisson du bonheur et de l’immortalité, citée dans la Bhagavad-Gita et que l’on associait au dieu de la guerre Indra ? Ce somo-rasa qu’un autre grand texte védique, le Rig Veda, adressé justement à Indra, décrit comme un nectar source de force et de vitalité, aux propriétés thérapeutiques multiples, qui stimule la parole et l’énergie sexuelle ? C’est ce que suggère sur l’Indian wine portal, Neeraj Dubey, un juriste passionné par la question.

Peut-être s’agissait-il de cette liqueur sacrée, nommée vêna (aimée) en sanskrit et d’où dériverait le terme « vin » qui se retrouve dans les différentes langues indo-européennes : vinum, oinos, vino, vinho, wein, wine... Les textes ayurvédiques, mentionnent aussi une boisson digestive, drakshasava, préparée avec du raisin mûr et de l’alcool, dans lequel macéraient cannelle, cardamome, poivre noir et de nombreuses herbes utilisées pour leur valeur curative.

Des Moghols à la foire de Calcutta

Plus près de nous, du 16e au 18e siècle, les empereurs Moghols, qui dominaient alors la majeure partie de l’Inde, aimaient à savourer les vins issus de leurs vignobles dans des coupes de jade sculptées. Ce vin dont le premier grand empereur Moghol, Akbar autorise de nouveau la consommation selon l’usage de l’islam persan. Les délicieux plats vindaloo sont aussi un témoignage de la présence du vin à cette époque. Ce terme dérive d’un plat traditionnel, le « vinho de alho », que les Portugais ont amené avec eux en débarquant à Goa au début du 1. Ce plat, confectionné avec de la viande de porc marinée dans du vin rouge, du piment et de l’ail provenait lui-même d’une pratique de marins qui consistait à conserver la viande dans des tonneaux de vin, avec de l’ail mêlé aux épices indiennes. D’où ce vinho de alho, ce vin d’ail qui, en s’assimilant à la cuisine locale, y a perdu le vin.

Dans les siècles suivants, la viticulture indienne connaît des fortunes diverses. Sous l’influence des Anglais, dès le 17e siècle, elle prend de l’ampleur dans le Cachemire et le Gujarat avant d’être anéantie par une grande épidémie de phylloxera et de renaître à la fin du 19e siècle - la grande exposition de Calcutta, en 1884 présente avec succès des crus indiens - pour disparaître encore quelques années plus tard. Les boissons alcoolisées et le vin ont toujours été, de toutes façons, réservées aux rituels religieux, aux pratiques curatives ainsi qu’aux cours impériales. Elles étaient interdites pour la majorité de la population. Ce tabou a traversé les siècles et même la Constitution de l’Inde indépendante y fait référence.

Le renouveau du vin

Il faudra attendre un siècle pour que les pratiques vinicoles anciennes soient relancées, à la fin des années 90 par de nouveaux entrepreneurs qui souhaitent alors créer une véritable culture du vin. La première grande « winerie » - terme intraduisible qui signifie à la fois unité de production, vignoble, domaine viticole - est fondée en 1988 par Kanval K Grover et son fils Kapil au bord du lac de Gangapur, près de Bangalore, dans le Karnataka. Le sauvignon blanc qu’ils importent alors de France, produira les fameux vins blancs effervescents qui font leur renommée. Depuis, Grover Vineyards a fait des émules dans le Karnataka et surtout sur les collines de Nashik, dans le Maharashtra, à 200 km de Mumbai. C’est là que Rajeev Samant, un ingénieur de la Silicon Valley, crée en 1997 le second grand domaine indien, Sula Vineyard, sur des terres familiales autrefois plantées de manguiers (il semble même que les racines de manguier contribuent à donner aux blancs de Sula une saveur spécifique).

Nashik est maintenant la « capitale » du vin indien avec sa soixantaine de « wineries ». Conçues sur le modèle de la production vinicole américaine, la plupart des cépages qu’elles cultivent viennent de France : chenin blanc, sauvignon blanc et muscat pour les blancs. Pour les rouges les plus côtés, cabernet sauvignon et shiraz, produisent, l’un des vins au bouquet de cassis, l’autre des vins plus puissants aux arômes de mûre. Le merlot ne semble pas convenir pour l’instant aux palais indiens, quant au pinot noir et au chardonnay, ils sont aussi cultivés mais avec plus de difficultés. On trouve aussi un cépage venu des Etat-Unis, le zinfandel qui produit des rouges charpentés, très fruités et des rosés mi-doux.

L’engouement pour le vin

La consommation de vin a maintenant plus que triplé en cinq ans - elle était passée de trois millions de bouteilles en 2003 à plus de dix millions en 2007 - et pourrait atteindre 15 millions pour l’année 2008. Certains experts envisagent même une progression de 30% par an pendant encore quelques années. Cette augmentation serait principalement due, d’après Jaideep Kale, le coordinateur du Grape Wine Park, dans le Maharashtra à la consommation de vins indiens, même si les crus étrangers sont de plus en plus connus et appréciés. D’autant que les vins locaux, fruités et moelleux, se marient parfaitement avec la cuisine épicée et, de plus, bénéficient grâce à la chaleur et au climat de deux récoltes par an.

Selon les experts les quelques 300 millions de personnes qui forment cette classe moyenne en hausse pourraient bien assurer l’avenir de la viticulture indienne. D’autres considèrent que le vin restera encore longtemps une boisson étrangère et ne touchera que 2% des plus riches de la population, ce qui représente quand même 20 millions d’habitants ! Sous l’influence de nouveaux modes de consommation, devenu signe de statut social, le vin bénéficie aussi de sa réputation d’être bon pour la santé, contrairement aux alcools forts. Et signe des temps, on voit maintenant dans les films de Bollywood, les stars en train de siroter un verre de vin.

Cécile Mozziconacci
http://epanouirlesnenuphars.blogspot.com


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