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Amartya Sen √ ¬ Sciences Po √ ¬ Paris le 12 mai 2006

25 mai 2006

Amartya Sen est venu le 12 mai 2006 √ɬ Paris, √ɬ la fondation des Sciences Politiques pour prononcer une conf√ɬ©rence dans le cadre du troisi√ɬ®me √ā¬« Forum des id√ɬ©es √ɬ©conomiques √ā¬ » organis√ɬ© par √ā¬« Les Echos √ā¬ » et Sciences Politiques.

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Amartya Sen

Biographie

Amartya Sen, √©conomiste n√© en 1933 en Inde, a √©tudi√© √ l’Universit√© de Cambridge (GB), enseign√© en Inde, en Grande Bretagne, √ l’Universit√© Harvard (USA), puis est revenu √ Cambridge, o√Ļ il a √©t√© nomm√© directeur principal du Trinity College. Il a re√ßu le Prix Nobel de sciences √©conomiques 1998 pour ses contributions √ l’√©conomie du bien-√™tre. C’√©tait la premi√®re fois que ce prix prestigieux √©tait accord√© √ un √©conomiste issu d’un pays non occidental, et surtout √ un √©conomiste qui a donn√© une dimension √©thique √ l’analyse √©conomique.

Sa contribution

L’apport majeur de Amartya Sen en √©conomie r√©side dans la conception de la richesse dans des termes non plus seulement mon√©taires - comme c’est le cas dans les √©coles classiques - mais √©galement en termes de libert√©s d’√™tre et de faire. Il d√©montre combien le niveau de d√©veloppement d’une nation n’est pas √©gale √ sa richesse telle qu’elle est comptabilis√©e (il prend pour exemple les effets pervers des d√©mocraties lib√©rales dans leur capacit√© √ cr√©er de l’exclusion), mais bien √ la qualit√© de la r√©partition des biens, services et revenus offrant la possibilit√© d’une initiative individuelle. Pour Sen, les objectifs prioritaires du d√©veloppement doivent √™tre les libert√©s individuelles qui sont les v√©ritables facteurs du progr√®s. Cette r√©flexion lui a permis de repenser la richesse ou la pauvret√© en des termes plus larges que ceux strictement li√©s au revenu. Il montre que la pauvret√© ne se mesure pas seulement √ la valeur mon√©taire du revenu, mais doit √™tre reli√©e √ l’ensemble des conditions de vie ¬« Etre pauvre ne signifie pas que l’on vit sous un seuil de pauvret√© fictif, par exemple des revenus inf√©rieurs √ deux dollars par jour. Cela veut dire que l’on dispose de revenus qui ne permettent pas de faire face √ certaines n√©cessit√©s, compte tenu des circonstances et des exigences sociales de son milieu .Ce qu’il s’agit de distribuer d’une fa√ßon √©quitable, ce ne sont pas seulement des libert√©s formelles, des revenus et des ressources... mais de d√©velopper des modes de fonctionnement humains permettant de vivre une vie digne et sens√©e plut√’t que de seulement accumuler des biens ¬«  A SEN a √©labor√© diff√©rents indicateurs de pauvret√©, tel l’indice de pauvret√© humaine (IPH), ou l’indice de d√©veloppement humain (IDH), qui sont d√©sormais pr√©sent√©s chaque ann√©e dans le rapport mondial du PNUD. Il pr√©conise de calculer ce que l’on peut r√©aliser avec les revenus en int√©grant d’autres facteurs comme la sant√© et l’√©ducation.

Ni anti-mondialisation, ni anti-march√©, Amartya Sen propose une nouvelle approche du d√©veloppement.. Nous sommes l√ aux antipodes de la notion de " croissance pour la croissance " bas√©e sur une augmentation globale du revenu (PNB).

Sen r√©introduit l’√©thique dans l’√©conomie et √ la recentre sur le d√©veloppement humain C’est surtout la r√©int√©gration de l’√©conomie dans le politique

Les points forts de l’intervention du 12 mai 2006

Sur la notion de d√©mocratie : g√©n√©ralement consid√©r√©e comme un concept purement occidental, elle serait une valeur que l’Occident aurait pour mission de faire pr√©valoir et d’introduire dans des pays non occidentaux. Sen entend d√©monter, par des r√©f√©rences √ l’histoire, l’id√©e re√ßue selon laquelle le pluralisme, la tol√©rance et le lib√©ralisme politique sont des pratiques quasi ¬« naturelles ¬ » √ l’Occident et √©trang√®res aux ¬« autres ¬ ». Il rappelle qu’il existe de longues traditions de d√©bat public sur les probl√®mes politiques, sociaux et culturels en Asie, en Afrique ou dans le monde arabe : par exemple dans les pays Arabes et Iraniens √ partir du VIIIe si√®cle. Il y avait d’un pays √ l’autre une tradition de tol√©rance et de discussion publique qui peut servir de base √ l’essor de la d√©mocratie aujourd’hui. Les Iraniens du 21√®me si√®cle ne sont pas des ambassadeurs des valeurs occidentales, ce qui n√©gligerait l’histoire de l’Iran et la pratique de la d√©mocratie √ Suse, dans le sud ouest de l’Iran il y a 2000 ans.

‚ÄĘ Sur la notion de revenu par t√™te : pour illustrer la faiblesse de la notion de PIB par t√™te, A Sen prend l’exemple des handicap√©s : M√™me en supposant que ces derniers b√©n√©ficient des m√™mes droits et des m√™mes revenus qu’un individu valide, ils ne disposeraient pourtant pas des m√™mes libert√©s positives. Tant que des am√©nagements sp√©cifiques ne sont pas mis en place, il n’existe pas en effet d’une libert√© effective de circulation. Si l’on souhaite concr√©tiser les libert√©s r√©elles, il est prioritaire de r√©aliser des √©quipements √ destination des handicap√©s.

Sen distingue les libert√©s politiques (libre expression, √©lection) des libert√©s sociales (acc√®s √ l’√©ducation, √ la sant√©) rendues possibles par la d√©mocratie, et o√Ļ le march√© en tant que lieu d’√©change et de production, favorise la participation des individus et permet une am√©lioration du niveau de vie.

‚ÄĘ Sur la comparaison entre la Chine et l’Inde : A SEN s’attache √ comparer les performances des deux pays, en prenant en consid√©ration certes le PIB, mais aussi les autres facteurs qu’il a s√©lectionn√©s : La Chine est pass√©e d’un extr√™me √ un autre, d’un mod√®le social √ un mod√®le √©conomique, sans parvenir √ concilier les deux. Pendant l’√©poque mao√Įste, elle a √©t√© le pays qui a men√© la politique de sant√© et d’√©ducation la plus ambitieuse, alors que ses performances √©conomiques √©taient m√©diocres. Puis √ la fin des ann√©es 1970, elle a entrepris des r√©formes en prouvant qu’un pays pauvre peut s’int√©grer avec succ√®s dans l’√©conomie mondiale : √ partir de 1979, la privatisation de l’agriculture et du syst√®me de sant√© a provoqu√© un effondrement de la protection de la sant√© : le niveau de sant√© publique a recul√© (il n’y a plus en Chine de syst√®me de protection de la sant√©) et les in√©galit√©s se sont creus√©es. A Sen illustre son propos en citant le Kerala : en 1979, les Chinois avaient une long√©vit√© de quatorze ans sup√©rieure aux Indiens. Aujourd’hui, le Kerala a une long√©vit√© de 76 ans contre 71 en Chine. Le taux de mortalit√© en Chine est de 30 pour 1000, de 10 pour 1000 au Kerala

Les derni√®res ann√©es montrent que le mod√®le chinois trouve ses limites. A Sen en tire la conclusion suivante : si la Chine affiche des taux de croissance du revenu par t√™te remarquables, cela s’est fait au d√©triment de la libert√© du peuple, de la protection de la sant√© et de l’√©ducation ; en revanche, en Inde on note, gr√Ęce √ l’√©panouissement de la d√©mocratie, des meilleures performances en mati√®re de sant√© et d’√©ducation. Si l’√©volution semble plus lente en Inde, c’est parce que la d√©mocratie y r√®gne : il faut rendre des comptes, il y a un Parlement, alors qu’en Chine il n’y a pas de d√©mocratie. La Chine s’est lanc√©e t√™te baiss√©e dans la course √ la croissance. Si les Chinois avaient choisi de privil√©gier le principe d’√©galit√©, ils auraient eu un taux de croissance plus faible.

‚ÄĘ Sur la notion de d√©clin en France :√ la question de JP Fitoussi sur la position des Fran√ßais qui ne veulent pas des r√©formes de peur de voir s’effriter l’Etat -providence, et qui doutent √©norm√©ment, AS r√©pond que le doute joue un r√’le important. Il pr√©cise qu’en Inde les r√©ussites intellectuelles sont li√©es √ la facult√© de questionner.

‚ÄĘ Sur Internet : si cette technique est fabuleuse, ce n’est pas vraiment un instrument qui favorise l’√©quit√©, car le public non alphab√©tis√© n’en profite pas ; par ailleurs, il pense que Internet ne pourra jamais remplacer la stimulation intellectuelle entre √©tudiants. L’Inde donne de bons exemples de cette stimulation par la diversit√© des √©changes culturels.

Amartya Sen conclut en soulignant que l’Inde a adopt√© une approche prudente en analysant les performances des autres pays avant de choisir elle m√™me un chemin : l’exp√©rience chinoise a √©t√© observ√©e avec attention afin de prendre les meilleurs √©l√©ments et d’√©viter les √©cueils : si l’inde √©volue plus lentement que la Chine, c’est gr√Ęce au processus d√©mocratique. Si elle se sp√©cialise dans des secteurs √©conomiques porteurs, c’est grace au niveau d √©ducation √©l√©v√© et aux √©changes intellectuels et culturels.

DOMINIQUE


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Salime




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