La population indienne est diverse et variée...

Elle constitue le deuxième foyer de peuplement du monde juste derrière la Chine. Elle héberge à elle seule plus 20 % de la population mondiale. Les prévisions pour 2050 place la population indienne au 1er rang mondial en devançant la Chine avec plus de 1,5 milliards d'habitants.

Les principales ethnies de l'Inde

Les aryens

Ce mot vient du sanskrit arya qui signifie "noble". C'est le nom donné à une population agro-pastorale nomade et guerrière de race blanche, venue du plateau iranien. Ils envahissent le nord de l'Inde vers -1700 avant J.C. Ayant une forte croyance religieuse envers leur dieu suprême, Indra, qui imposait son dharma ou loi, par la guerre sainte. Ils refoulèrent vers le sud les dravidiens et les autochtones qui furent présents bien avant eux. Ils furent bien hiérarchisés : au sommet, on trouve les brahmanes, ensuite les guerriers, puis les commerçants et enfin les éleveurs. Ils instaurèrent ainsi le système des castes. Ils sont également appelés "indo-européens". Selon la doctrine de Gobineau, qui affirmait la superiorité de cette race, elle servira par la suite d'idéologie raciste fondamentale à Hitler (nazisme). Il faut savoir que de nos jours de nombreux historiens refutent la thèse de l'invasion aryenne en Inde, même si c'est celle que l'on retrouve dans les manuels d'histoire en Inde.

Les dravidiens

L'origine des dravidiens est mal connue. Ce seraient les premiers habitants de l'Inde. Il s'agit d'un ensemble de peuples sociables ayant vécu dans le plateau du Deccan au sud et au nord du Sri-lanka. Ils se sont probablement installés vers -9500 avant J.C. Ils sont marqués par une pigmentation foncée.

Les populations tribales

Les aadivasi ou autochtones sont d'origine antérieure à celles des aryens et dravidiens. Ils vivent dans les collines et les forêts du sud et sont de type négroïde (peau foncée, chevelure frisée). Ils parlent une langue qui est très différente des dialectes courants. Plusieurs tribus ont été spoliées en raison de la déforestation et de la culture des terres. Aujourd'hui, ils en existent quelques unes dans les forêts de l'Arunal Pradesh, du Madhya Pradesh, de l'Andra Pradesh et du Bihar. On trouve aussi une dizaine de tribus vivant de la chasse, de la pêche et de la cueillette dans les îles d'Andaman et Nicobar.

 
La tribu de Jawara dans les Óles Andaman et Nicobar

Le contrôle des naissances

Le gouvernement a très tôt essayé de promouvoir la limitation des naissances. Dans les années 70, des campagnes de planning familiales sous formes d'affiches, de slogans font leurs apparitions. Pendant l'Inde sous Indira Gandhi, sous l'initiative de son fils, Sanjay Gandhi, elle lança un programme de stérilisation "forcée" consistant en la vasectomie pour les hommes. Ce fut un mécontentement pour la population et un vrai désastre.
Au milieu des années 80, Rajiv Gandhi, l'autre fils d'Indira Gandhi, avait un projet ambitieux : 1,3 milliards d'indiens pour 2050. Cette période connaît un léger fléchissement du taux de croissance.
La solution pour les experts reste l'alphabétisation des femmes. En effet, elles ont un taux d'alphabétisation de 38% contre 65% pour les hommes. Ainsi, elles auront plus conscience de la nécessité à limiter les naissances pour réduire la population globale. La baisse du taux de mortalité infantile pourrait également réduire le besoin de procréer des enfants.
Dans les familles rurales indiennes, la naissance d'un garçon est un évènement accueilli avec une grande avidité. En effet, ils assureront les besoins et la protection de la famille contrairement à une fille qui ne pourrra subvenir à leurs besoins. En plus, lors du mariage, la famille de la fille doit offrir une dot à la famille du marié. Afin d'éviter des avortements précoces, on ne communique pas le sexe du foetus lors de la consultation prénatale. Il faut savoir que l'Inde est parmi les pays où il y a plus d'hommes que de femmes avec un ratio de 1,07 homme(s)/femme. (Ce nombre a baissé par rapport aux années précédentes)
Afin de renforcer le planning familial, l'Etat contribue même à verser une somme d'argent pour chaque personne convaincu de la stérilisation. Des programmes radios et télés sont diffusés expliquant la contraception et l'usage des préservatifs.

Une boîte d'allumettes présentant le programme du planning familial visant à réduire le nombre des naissances. Ici, l'exemple d'une famille idéale avec deux enfants.

Le SIDA en Inde

Le SIDA n'est pas une maladie que l'on trouve uniquement en Afrique. En effet, l'Inde est le deuxième foyer de séropositifs au monde avec plus de 5 millions de cas recensés ! Le premier cas de SIDA a été rapporté en Inde en 1986 et depuis le nombre de séropositifs ne cessent de croître. Le principal vecteur de contamination est la prostitution non contraceptive. Le gouvernment et les associations locales font souvent des campagnes dans les lieux de prostitution et dans les milieux ruraux. (cf statistiques)

Le système des castes

Il s'agit d'une notion ambigüe qui désigne une hiérarchisation spécifique, instaurée depuis la nuit des temps par les aryens. On doit le terme "caste" aux Portugais, alors premiers colonisateurs européens, qu'ils désignaient par casta, du latin castus signifiant "pur", cette hiérarchisation de la société indienne.
On dit que ce sont les brahmanes qui ont instaurés cette division au sein de leurs communautés afin de préserver et de garantir leurs supériorités.
Ce système est composé de quatres classes distinctes ayant leurs propres règles de conduites que l'on appelle les varnas. Au sommet de la pyramide, on trouve les brahmanes qui sont les prêtres de la religion hindou. Ensuite, viennent les kshatriyas, qui forment les guerriers. Les vaisyas sont les artisans et les commerçants. Et en dernier, les sudras, qui représentent la basse caste et qui sont paysans. Selon la légende, ces quatre varnas correspondraient aux quatre parties du corps de Brahma : les brahmanes nés de la bouche de Brahma, les kshatriyas, nés des bras, les vaisyas, nés des cuisses et les sudras nés des pieds.

Il existe une cinquième classe qui forment les parias (dalits) ou " intouchables", qui est en dessous des quatre autres, une caste impure. Ils sont contentés de réaliser les tâches les plus dégradantes et les plus pénibles. L'utilisation de ce terme est maintenant interdite par la Constitution indienne. Gandhi les nomma harijans, fils de Dieu.

Chaque groupe socioprofessionnelle à l'intérieur d'un varna est appelé jadi. Ils ont leurs propres lois et coutumes. Un travail au sein d'un jadi se transmet de père en fils. Cette transmission tend à évoluer de nos jours. En effet, le fils d'un paysan peut devenir ingénieur et certains intouchables sont même devenus ministres voire président de la république.

Qu'en est-il de ce système aujourd'hui ? Il est parfois source de problèmes entre les basses et les hautes classes mais dans un milieu plutôt rural où cette séparation existent. Mais il tend à s'améliorer grâce à des actions du gouvernement qui allouent des places dans les universités sous forme de quota, dans la fonction publique à ces personnes défavorisées. Certains intouchables vont même jusqu'à changer de religion : dans la plupart des cas, ils se convertissent au bouddhisme. Il faut citer le père de la Constitution Indienne, Dr Ambedkar, un intouchable lui aussi qui se convertit au bouddhisme.L'ancien président de l'Inde, K. R. Narayanan, était un intouchable.

STATISTIQUES (2008)
Nombre d'habitants
1,166 Milliards d'habitants (2ème rang mondial) (2009)
Pyramide des âges
0-14 ans : 31,1%
15-64 ans : 63.6 %
65 ans et plus : 5.3 %
Densité
354,7 habitants/km²
Agglomération la plus peuplée
Mumbai (Bombay) [20 millions d'hab.]
Croissance de la population
1,55%
Taux de natalité
22,22 naissances/1000 hab.
Taux de mortalité
6,4 décès/1000 hab.
Taux de fécondité
2,72 enfants/femme (2009)
Taux de mortalité infantile
30,15 décès/1000 naissances
Espérance de vie
69,89 ans
femme : 72,61 ans - homme : 67,46 ans
Décès au VIH
310 000 (2001)
Groupes éthniques
72 % Indo-Aryens
25 % Dravidiens
3 % Moghols et autres

Source : CIA - The World Factbook