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La perception de l’Inde dans la bande dessinée

1er octobre 2007


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RIDEL Curd et ARLESTON Scotch, Tandori, la déesse aux deux visages, Bruxelles, Ed. Lombard, 1994

L’IMAGE ET L’HUMOUR se mettent au service de l’Inde au 3ème Festival de la bande dessinée à Melun-Val-de-Seine à l’Espace St-Jean à Melun avec une première à ne pas manquer du 6 au 21 octobre 2007 : une exposition sur « l’Inde dans la bande dessinée ». L’Association « Les Comptoirs de l’Inde » y présente une cinquantaine d’ouvrages de sa collection constituée actuellement de plus de 200 références dont albums, journaux et magazines datant de la fin du 19ème siècle à nos jours. On peut ainsi découvrir l’évolution de la perception de l’Inde depuis un siècle à travers l’humour et la dérision.

UNE INVITATION à un voyage dans le temps nous convie à pénétrer l’imaginaire d’un pays mystérieux en parcourant des titres évocateurs d’aventures téméraires et secrètes. Un coup de crayon va illustrer « l’arrivée de François Martin aux Indes » (Total journal, 1962), la recherche d’un trésor dans la banlieue de Pondichéry (« Le lotha de Villanour », Pierrot, le journal des jeunes, 1940), l’histoire d’une danseuse hindoue (« Chantal et la petite danseuse de Pondichéry », Les Ames vaillantes, 1953), ou le pouvoir des Sikhs (« Héros du Bengale, La Rébellion des Sikhs », Ardan, 1957) dans des « strips » de journaux périodiques. Ce sont là des traces visuelles d’une représentation de l’Inde coloniale perçue par les auteurs à travers les récits de voyageurs. Dans ces documents illustrés, les auteurs et dessinateurs donnent une vision de l’Inde ancrée dans un décor historique bien précis. L’aventure des personnages se greffe sur la réalité politique de l’époque, aspect qui semble primer sur l’humour proprement dit des caricaturistes. Les images représentées paraissent fidèles à la réalité sans véritable distorsion ni visée satirique.

L’AVENTURE dans un pays déroutant tel que l’Inde est un sujet qui sera repris par les dessinateurs de la fin du 20ème siècle. Toutefois, ce thème de prédilection sera associé à l’humour et à la dérision dans une série d’albums avec, entre autres, Charlot aux Indes (Lacroix), Lili aux Indes (Hieris et Gerard), Bibi Fricotin en Inde, (Maric et Lacroix), India Dreams (Maryse et Jean-François Charles), Lait entier, sacrées vaches (Desberg et De Moor) ainsi que dans les célèbres aventures de Tintin (Hergé), de Stéphane Clément (Ceppi), de Tandori (Ridel et Arleston), des Closh (Ben Radis et Dodo), et de Blake et Mortimer (Sente et Juillard). Les auteurs font évoluer les personnages dans un décor très riche et, même parfois insaisissable ; ils laissent libre cours à leur imagination et font passer des messages au travers d’images comiques associées à un discours hilarant.

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RIDEL Curd et ARLESTON Scotch, Tandori, la déesse aux deux visages, Bruxelles, Ed. Lombard, 1994

Dans ces albums parus au cours de la période post-coloniale, (voire après la seconde guerre mondiale), le message transmis est plutôt satirique. La fiction devient vite un élément secondaire laissant la place aux dessins et au graphisme qui appellent le rire ; on note la parodie de certains stéréotypes sur l’Inde. L’Inde des Maharadjahs et des fakirs sera exploitée par plus d’un dessinateur, avec la représentation des royaumes aux mille richesses d’un part et, d’autre part, de la misère des mendiants (« fakirs » installés à moitié nus sur une planche de clous) ou des « charmeurs de serpents » prêts à faire des tours de magie spectaculaires pour attirer le public.

Une place de choix est également accordée à la faune locale avec de belles illustrations de la fameuse « chasse au tigre », de l’omniprésence du « puissant éléphant » à la cour royale comme au temple, du dangereux « cobra meurtrier », et, avec bien sûr, des caricatures fort satiriques de la « vache sacrée ». En effet, l’histoire se déroule dans un cadre où le chemin des différents protagonistes croisera celui des radjahs, des fakirs ainsi que les animaux du pays et ceci, dans des lieux très variés tels que des villes grouillantes de monde, des jungles semées d’embûches, des temples majestueux, les bords du Gange mythique, ... Là encore, des images d’une réalité déconcertante et pleine de charme sont reprises avec un humour frisant parfois le sarcasme.

Les croyances religieuses deviennent aussi un sujet de questionnement et de dérision. Du système des castes aux rites funéraires, en passant par les divinités et les avatars, le « karma » et de la réincarnation, la recherche du « gourou » et du « nirvana », la religion hindoue intéresse beaucoup les caricaturistes. Dans deux albums en particulier - Lait entier, sacrées vaches (Desberg et De Moor) et Le Grand karma (Ben Radis et Dodo) - , la représentation de la philosophie hindoue devient même fort provocatrice : on pourrait se demander si c’est de l’étonnement, du scepticisme, de la dérision ou les trois à la fois !

UNE VISION PLUS MODERNE de l’Inde apparaîtra dans quelques albums où l’humour bon enfant cède la place à un jugement critique. Une réalité en phase avec les progrès scientifiques et technologiques remplacera le décor exotique de cette terre lointaine qui faisait rêver. Certains auteurs vont utiliser un ton plus austère et évoqueront des questions d’actualités telles que « la science et l’éthique », « l’écologie et la course aux armements », « les droits de l’homme avec l’exploitation professionnelle des enfants mineurs », et « le fanatisme religieux ». Par exemple, Sente et Juillard abordent le terrorisme et la fabrication des armes nucléaires dans Les aventures de Blake et Mortimer, Les sarcophages du 6e continent. Pondicherry, Filiation fatale (de Ceppi) souligne des pratiques douteuses autour des dons d’organes et le danger du clonage humain.

A DECOUVRIR EGALEMENT d’autres thèmes sur ce pays qui n’a pas fini de surprendre et de plaire, avec encore bien des mystères enfouis. Certains albums rappellent tantôt la rivalité franco-britannique et les exploits de Suffren ainsi que l’intérêt des autochtones qu’ils soient Radjahs, Nababs, Sikhs ou Thugs, et tantôt, le rôle du Mahatma Gandhi dans sa lutte pour l’indépendance du pays ; d’autres mettent en valeur un art et une architecture millénaires, exploitent le célèbre « Kama sutra » tout en soulignant le retour aux sources et la quête d’identité !

On retrouve aussi la bande dessinée autochtone de la série Amar Chitra Katha qui existe depuis 40 ans avec plus de 400 titres en anglais. Ces albums ont été écrits avec une visée pédagogique, celle de transmettre l’histoire et la culture indienne, ce qui est encore une autre façon de visiter l’Inde. Actuellement, une dizaine d’albums de la série Amar Chitra Katha, traduite en langue française et diffusée par Dharma International Association, présente les contes et légendes de l’Inde (L’éléphant blanc et d’autres histoires ; Ruru le cerf et d’autres histoires), la vie des grands hommes (Bouddha ; Vivekananda ; Gandhi), les lieux historiques (La ville historique de Delhi ; Elephanta, île de légende) et la vie des divinités (Krishna ; Rama ; Ganga).

L’INDE, jadis pays lointain et mystérieux, est autrement perçue de nos jours. La dérive imaginaire visible dans les tout premiers documents n’est plus de mise car à côté d’un humour parfois cinglant, le ton reste critique dans les albums plus récents. Il est vrai que certains clichés restent immuables en raison des croyances locales tenaces. Mais il est intéressant de noter à quel point ce pays a suscité un intérêt auprès des auteurs de bandes dessinées et demeure encore une source d’inspiration pour les contemporains.

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DE MOOR et DESBERG, Lait entier, Sacrées vaches, Bruxelles, Ed. du Lombard, 2001, 48 p

Une exposition à voir absolument à Melun en ce mois d’octobre sur l’évolution de cette perception de l’Inde, à travers des caricatures et des dialogues désopilants !


Mots-clés :


Pravina Nallatamby (alias Anjali B.)




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