Madame Priti Sanyal - Attachée Culturelle de la Maison de l’Inde
par Shriya
30 septembre 2007
Pour cette rentrée universitaire, direction la Cité U pour aller à la rencontre de M.Bikas Sanyal et Mme Priti Sanyal qui ont en charge la gestion de la Maison de l’Inde à Paris.
M. et Mme Sanyal
IEL : Madame Sanyal, pouvez-nous parler de votre parcours professionnel ?
P.S. : J’ai fait un Master en histoire moderne à l’Université de Calcutta, j’ai ensuite enseigné en Inde et lorsque j’ai accompagné mon mari aux Etats-Unis, j’ai donné un cours à l’université sur l’histoire de l’Asie du Sud.
IEL : Quel est votre rÃ’le à la Maison de l’Inde ?
P.S. : Il est difficile de définir exactement mon rÒle car je fais plein de choses.
Tout d’abord, lorsque nous sommes arrivés à la Maison de l’Inde, c’était en mauvais état et peu de gens en avait connaissance.
Mon mari a obtenu l’accord du Président du comité de la Maison et du Délégué général de la Cité internationale universitaire de Paris pour la création d’un poste honorifique d’Attachée culturelle (sans salaire) pour la Maison de l’Inde afin d’organiser des activités culturelles et de l’aider pour sa rénovation.
Je m’occupe aussi des aspects sociaux de la vie des résidents.
IEL : On dirait que vous êtes comme une grande famille à la Maison de l’Inde.
P.S. : En fait, on l’appelle une maison loin de la maison familiale mais mon rÃ’le n’est pas de jouer la maman.
Je fais attention à maintenir une séparation entre ma vie personnelle et publique mais pour les étudiants, je suis en quelque sorte un intermédiaire entre eux et le Directeur qui est occupé et pas toujours heureux d’avoir à gérer certaines demandes.
Sinon, nous sommes très ouverts donc les gens se sentent comme en famille, surtout les jeunes femmes qui ont du mal à vivre ici sans connaissance de la culture ou de la langue.
IEL : Comment gérez-vous l’organisation des évènements culturels ?
P.S. : Quand nous organisons un évènement, cela demande beaucoup d’organisation et un important support logistique. Le Comité des résidents m’aide pour cela. Comme nous ne faisons pas payer l’entrée, nous devons utiliser nos fonds. La Maison de l’Inde est complètement autofinancée.
Au début, nous préparions la cuisine nous même avec l’aide de nos amis. C’était avant tout pour les étudiants puis au fur et à mesure, les Indiens de Paris se sont joints à nous.
Nous avons une contribution gratuite ou à prix réduits d’amis et de restaurants Indiens.
Cela nous permet de distribuer un repas de qualité à nos invités.
Ce n’est donc pas seulement la Maison de l’Inde qui organisent mais tout le monde, sans oublier les étudiants.
B.S. : Shriya, voici une petite anecdote : quand nous sommes arrivés à la Maison de l’Inde, il n’y avait pas du tout d’argent et pour le premier évènement qui était le 26 janvier - la fête de la république indienne, nous ne pouvions rien acheter. Le programme culturel a été offert par une ancienne résidente et ses élèves. Des filles sont venues pour demander des pâtisseries et je n’avais rien si ce n’est que quelques bonbons. Je leur ai donné pour qu’elles les distribuent aux invités et pour elles. Elles ont été contentes d’avoir ces bonbons et les invités ont apprécié ce geste. J’en ai encore dans mon bureau que je garde en souvenir !
IEL : Etes-vous membre d’une association culturelle ?
P.S. : Je suis membre de plusieurs associations :
Membre d’Honneur de Chamilany association : bibliothèque de livres indiens.
Membre de l’ Indian Professional Association
Membre de l’Association France-Union Indienne
Membre du Musée Guimet
IEL : Allez-vous faire une grande fête pour Diwali ?
P.S. : Les Indiens se sentent plus à l’aise dans une fête intime. Ils aiment venir à la Maison de l’Inde car c’est intime même s’il y a 400 personnes. Ils se sentent à l’aise, comme chez eux, mangent, échangent et à la fin ne veulent pas partir car ils ont l’impression d’être en Inde.
Surtout parce que ce n’est pas un évènement officiel.
Afin de l’organiser, je travaille avec le Comité qui est composé d’étudiants. Donc, ils l’organisent eux-mêmes et même si ce n’est pas grandiose, il y a une atmosphère chaleureuse.
IEL : Y a-t-il un temple à la Maison de l’Inde pour la Puja ?
P.S. : Nous le faisons dans le hall mais il n’y a pas de temple car les résidents sont de différentes religions et font leurs prières dans leur chambre selon leur foi et tous respectent cela.
Nous essayons de vivre tous ensemble sans nous poser de questions. Quand nous sommes en France, nous ne nous occupons pas de qui est qui, nous sommes juste des Indiens vivant ensemble en France, comme nous le ferions en Inde.
Pour Diwali, un étudiant musulman chantera des chants soufis, cela montre bien à quel point les gens ne s’occupent pas des questions de religions.
IEL : En dehors de ce travail, quand j’ai rencontré votre mari il y a quelques mois, il m’a dit que vous écriviez des livres.
P.S. : Je suis en quelque sorte une écrivaine, j’écris des livres de voyages mais aussi de la poésie.
B.S. : Non, elle est une vraie écrivaine, elle écrit régulièrement depuis plusieurs années en bengali et maintenant ses livres sont traduits en anglais.
IEL : J’ai lu “ France Inside Out” qui est très intéressant, même et peut-être surtout pour les Français ! Comme l’a écrit Jean-Claude Carrière sur la préface : « on peut en tout confiance ouvrir n’importe quelle page : nous serions immédiatement interpellés par une voix attentive et amicale  ».
Dans certains chapitres, vous faites référence à des interviews que vous avez réalisées pour le magazine Desh. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce magazine ?
P.S. : Desh est un magazine littéraire bengali faisant parti d’un grand groupe d’édition.
Il publie des articles et essais en bengali. Beaucoup d’écrivains bengalis célèbres ont commencé en écrivant pour Desh.
IEL : Je recommande aux gens qui s’intéressent aux relations culturelles Franco-Indiennes des années 80 de lire ce livre pleines d’anecdotes et interviews intéressantes.
Merci à vous deux pour cet intéressant entretien et à bientÒt !
P.S. : Merci Shriya !
B.S. : Merci Shriya, j’espère que vous viendrez pour la Puja cette année.
IEL : Oui bien sà »r, je serai là cette année !
Propos recueillis par Shriya le 17 Aoà »t 2007 à la Maison de l’Inde.
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