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Bankim Chandra Chatterjee (1838-1894), pà¨re du roman indien

15 septembre 2007

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Bankim Chandra Chatterjee

Romancier et essayiste, Bankim Chandra Chatterjee est un des premiers auteurs indiens àinnover dans la littérature romanesque en bengali. Ses romans ont été traduits en plusieurs langues indiennes, en anglais et certains, en français dont Le Monastère de la Félicité (« AnandaMath  »), Le testament de Krishnokanto (« Krishnakanter Uil  ») et Celle qui portait des crânes en boucles d’oreilles « (Kapalkundala  »). Auteur du chant national « Vande Mataram  », il laissera une Ã...“uvre qui marquera son époque dans le milieu littéraire et dans le domaine politique.


Du prodige intellectuel au fervent patriote

B.C. Chatterjee est né le 26 juin 1838 àKanthalpara près de Calcutta au Bengale dans une famille de brahmanes cultivés. Elève très brillant, il est scolarisé àMidnapore où il reçoit l’éducation traditionnelle auprès des maîtres de sanscrit et l’instruction occidentale auprès des enseignants anglais. Il poursuit ensuite ses études de droit, d’histoire, de philosophie et de littérature anglaise àl’Université de Calcutta créée en 1859, obtiendra son diplÃ’me. Il est ensuite recruté dans l’administration publique au Bengale où il occupera un poste de magistrat et de percepteur jusqu’àsa retraite. Malgré une parfaite maîtrise de la langue anglaise, une compétence et une énergie remarquables, il n’aura pas de promotion dans le cadre professionnel, compte tenu de la situation politique de l’Inde sous la domination britannique. Toutefois, il s’épanouira pleinement àtravers l’écriture et ses recherches.

En effet, passionné de littérature, Bankim Chandra commence sa carrière littéraire comme poète mais, très vite se tourne vers la prose. Son premier roman, Rajmohan’s wife, paru en 1864, est rédigé en langue anglaise. Convaincu qu’une nation en devenir doit avoir un moyen d’expression adapté àses besoins, il décide d’écrire le reste de son Å“uvre en bengali. Selon lui, afin de progresser et de se forger une identité face aux Anglais, le peuple doit avoir la possibilité de décrire les changements socioculturels et les nouvelles orientations politiques souhaités dans une langue suffisamment riche et flexible ; ainsi, au travers de sa prose, Bankim Chandra restructure la langue extrêmement littéraire des puristes en mêlant savamment le sanscrit et le bengali pour la rendre plus imaginative et proche du peuple. Fervent patriote oeuvrant pour la gloire et la prospérité de l’Inde, B.C. Chatterjee s’active également pour susciter un nouvel essor culturel au Bengale en sollicitant la classe intellectuelle bengalie. Une véritable campagne littéraire se met en place lorsqu’il publiera des contes et des romans, des essais historiques, des articles divers sur la religion et la littérature, des examens critiques de livres et des portraits humoristiques dans une revue mensuelle Bangadarshan. Dans cette revue, Bankim Chandra dénoncera les inégalités sociales et politiques. Grand admirateur de penseurs occidentaux, il se nourrit des Å“uvres de J.-J. Rousseau, A. Comte, J .S. Mill, J. Bentham et H. Spencer. Leur influence apparaît dans ses propositions pour le développement économique de son pays ainsi que ses essais sur l’intérêt du communisme et de l’éducation pour une société égalitaire. Il analysera de façon rationnelle les causes de la pauvreté dans son pays ; en tant qu’historien averti, il critiquera même le manque de créativité chez certains. Il communiquera ainsi dans sa revue pendant quatre ans (1872-1876) en vue d’améliorer les conditions de vie des démunis et les opprimés.

Son Å“uvre romanesque, constitué d’une quinzaine de titres, dévoile son point de vue sur la vie, la société et la patrie au travers de la richesse des thèmes exploités. Durgeshnandini (1865), roman sentimental, aborde le thème de l’amour en dehors de la vie conjugale. Suivront quelques récits historiques tels que Kapalkundala (1866), considéré comme son Å“uvre la plus imaginative, Mrinalini (1869) qui raconte la conquête du Bengale par des troupes turco-afghanes au 13e siècle, Chandrasekhar (1875), dont l’action se situe au début de la domination britannique sur le Bengale et, Rajsimha (1882) qui glorifie les héros rajpout àl’époque des invasions musulmanes. Dans les romans sur la famille, comme Vishbriksha (1873) et Krishnakanter Uil (1878), Bankim Chandra évoque la question contemporaine du remariage des veuves tout en soulignant le triomphe des traditions sur la passion individuelle.

Ses trois derniers romans, àcaractère politique, Anandamath ou « Le Monastère de la félicité  » (1882), Devi Chaudhurani (1884) et Sitaram (1887) sont écrits sur un fond pseudo-mystique. Comme le précise Sri Aurobindo, Devi Chaudhurani décrit habilement le sentiment religieux associé au combat patriotique fondé sur « le sacrifice, la dévotion, l’autodiscipline et l’organisation  ». Anandamath est inspiré de la révolte des sannyasins au 14ème siècle ; ces renonçants prêts àtoute sorte de pillage auprès des propriétaires terriens et des forces de la Compagnie des Indes orientales pour protéger les membres de leur ordre monastique se transforment en véritables rebelles. Bankim Chandra raconte comment ils deviennent les héros vénérés des plus démunis, et comment ils s’opposent aux Anglais en chantant la gloire de leur mère patrie. C’est ainsi que naîtra la formule sacrée du Monastère de la Félicité « Vande mataram  » (Je te salue, O Mère), devenue par la suite le deuxième chant national de l’Inde.

Erudit moraliste et guide spirituel

Pour Bankim Chandra, la religion doit jouer un rÃ’le déterminant dans le progrès de l’homme. Dans une Å“uvre très riche où sont abordés des thèmes très variés, le ton moralisateur de l’auteur ne passe pas inaperçu. Les valeurs traditionnelles de la société, le devoir du peuple envers son pays, le repentir du coupable sont vivement recommandés dans ses romans car, selon lui, ce cadre moraliste et spirituel est nécessaire au salut de l’homme. Malgré sa grande admiration pour les philosophes occidentaux, il était profondément attaché àses racines ; il croit àla pensée philosophique de l’Inde fondée sur le « Samkhya  » et le « Nyaya  », théories de la logique et de la connaissance déductive qui orientent l’homme sur la voie de sa libération ultime. Bankim Chandra se nourrit de Mahabharata, la grande épopée dont est issue la Bhagavat Gita et y retrouve un code de morale intellectuelle et sociale ainsi qu’un traité de politique. Selon lui, tel Krishna, héros divin de la Bhagavat Gita et modèle de perfection, chaque homme doit faire son devoir (« dharma  ») dans la société en s’efforçant de développer ses capacités pour se mettre au service de la collectivité sans aucun égoïsme. Ses recherches en matière religieuse le conduiront àrédiger Krishnacharitra « Caractère de Krishna » (1886) et Dharmatattva « Principes de la religion » (1888) en vue d’une renaissance de l’hindouisme et du nationalisme àla fin du 19ème siècle. Il présentera de cette façon l’essence de la religion hindoue àses compatriotes.

Un avant-gardiste en littérature et en politique

Père du roman indien et véritable pionnier du nationalisme indien, Bankim Chandra Chatterjee a milité de façon déterminée avec sa plume pour faire bouger la société indienne. Il demeure encore vivant dans la mémoire de ses compatriotes grâce au chant patriotique qu’il a composé dans Anandamath. Rabindranath Tagore chantera cet hymne àla mère patrie en 1896 pendant une session du Parti du Congrès. Jusqu’àla partition de l’Inde, ce chant restera le cri de ralliement de l’Inde unie car certains y verront une forte connotation religieuse ; la patrie y est comparée àla mère dans sa toute sa douceur et sa force protectrice et semblable àune déesse. Quoique controversé, « Vande Mataram  » sera consacré chant national et obtiendra le même statut que l’hymne national de l’Inde, « Jana gana mana  » en 1950. Il sera chanté par Lata Mangeshkar dans la mise en scène de Anandamath au cinéma en 1951. TantÃ’t sous forme de refrain, tantÃ’t sous forme de mélodie, ce chant résonnera àmaintes reprises dans des films Bollywoodiens en guise de rappel du sentiment patriotique.

Comme la figure maternelle, la femme aura un rÃ’le prédominant dans l’Å“uvre de Bankim Chandra. Dans ses essais sur l’égalité, il proclame que la femme doit être indépendante, participer àl’activité économique et bénéficier des mêmes droits sociaux que l’homme. Ce penseur aux idées avant-gardistes aurait été fier aujourd’hui de voir se concrétiser ses idées : beaucoup de femmes ont participé au développement du pays. Citons, quelques exemples du domaine politique depuis le 19ème siècle ànos jours : Bhikaji Cama, Sarojini Naidu, Durgabai Deshmukh, Rajkumari Amrit Kaur, Rukmini Laxmipathi, Indira Gandhi et, en ce début du 21ème siècle, Pratibha Patil qui relève un défi assez exceptionnel, celui de Présidente de la République ! L’Inde, fidèle àson image moderne, a fait tomber les schémas politiques traditionnels en attribuant sa confiance àune femme pour la plus haute fonction du pays. Bravo àl’Inde et vive Bankim Chandra Chatterjee, le précurseur ! (10-09-2007)


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Pravina Nallatamby (alias Anjali B.)




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