Inde en ligne : le portail francophone de l'Inde

Paris
[ 00:37 ]
:: Découvrez l'Inde sous toutes ses couleurs ::
New-Delhi
[ 05:07 ]


Introduction
Histoire
Géographie
Population
Langues
Religions
Politique
Economie
Etats
Littérature
Cinéma
Musique
Cuisine
Médecine
Arts
Danses
Sports
Personnalités
Résumé
Liens


Quoi de neuf


Agenda
Articles
Interviews
Recettes
Vidéos
Parutions


Tourisme


Conseil aux voyageurs
Carnets de route


Contact


Annuaire
Qui sommes-nous?
Liste de diffusion
Contact






Nirmala Gustave, praticienne en sophrologie pour l’éveil du féminin

2 mars 2015

(JPG)

Nirmala Gustave, formée en Santé humaniste, enseigne le Reiki et anime des ateliers de relaxation destinés aux femmes. Très impliquée en sororité, elle associe des actions à ses paroles bienveillantes en proposant des outils à tous publics. Nirmala Gustave a accepté de nous raconter comment elle s’est nourrie de sa propre expérience pour transmettre le bien-être à d’autres femmes dans un esprit de co-créativité.


IEL : Nirmala Gustave, vous êtes sophrologue et formatrice de Reiki. Vous animez des ateliers de relaxation qui mettent particulièrement l’accent sur ce qu’il y a de sacré chez la femme. Pourriez-vous nous en parler ?

Nirmala Gustave : J’anime des ateliers sur la femme, autour de l’énergie féminine, de la connaissance du corps de la femme. Au travers de ma pratique, de mes rencontres, de mes discussions avec les femmes, j’ai beaucoup appris. C’était important pour moi de savoir comment était fait le corps de la femme, comment trouver une sécurité de base en soi. On ne m’avait pas appris à être en amour avec mon corps. Grâce à cette connaissance, en prenant appui sur cette force du féminin, j’ai eu envie de partager, de transmettre. Par ailleurs, j’ai grandi dans la tradition indienne. Toute mon enfance a été jalonnée par des rituels indiens ; ça m’a énormément aidée, nourrie dans mon être-femme, dans ma fierté d’être une femme. 

IEL : A propos de ces rituels, ils sont plus courants en Inde du sud ?

Nirmala Gustave : Oui, du Sud. Je suis de Pondichéry. Ces rituels sont pratiqués surtout au Sud de l’Inde. C’est une tradition tamoule où on honore l’énergie féminine lors du passage à la puberté pour la jeune fille et la jeune mère pendant sa grossesse. La Shakti, la force du féminin est une notion qui imprègne toute la culture indienne, en fait. Une conscience qui existe dans toute l’Inde. Enfant, bien que catholique, nous visitions les temples en Inde... et c’est une question qui touche tout le monde.

IEL : Quels sont ces rituels de passage ? Vous avez publié un roman récemment où vous en présentez trois...

Nirmala Gustave : Oui, en effet, deux rituels officiels et un rituel « aménagé »... Le premier, c’est le Manjal nîr, familièrement le Manja tanni, littéralement « eau de safran », qui renvoie à une cérémonie lors du passage à la puberté chez la jeune fille ; on honore la femme en elle, elle mettra son premier sari... Je me souviens avec beaucoup d’émotion de mon propre Manjal tannir. J’étais en France, j’étais en cinquième, j’avais douze ans, c’est clair, j’avais hâte de me mettre en sari parce que ma mère et les femmes de ma famille s’habillaient en sari, toujours. Je trouvais ça très joli ; j’attendais d’être pubère. Mais en même temps, on est pudique avec la transformation du corps et l’éveil des sens à cet âge-là. Ce qui est extraordinaire, c’est que tout à coup, on est honorée en tant que femme. Ça m’a plu déjà à cette époque, c’était extraordinaire. Il y a une cérémonie où sont conviés des parents et la famille. Les parents sentent que leur fille a grandi. Moi, j’ai personnellement ressenti une fierté chez mes parents dès que j’ai eu mes premières menstruations. A l’époque, ma vie était stricte avec beaucoup d’interdits alors cela a été un moment très positif dans mon développement. Ce moment, ce rituel a été précieux. Cela a été très nourrissant pour moi et m’a aidé à construire mon être femme.

IEL : Est-ce que c’est toujours pratiqué ?

Nirmala Gustave : C’est courant, oui. Il y en a qui aiment, d’autres l’apprécient moins. C’est une tradition culturelle dans la communauté tamoule qui n’est pas obligatoire mais qui est encore très vivante, même ici en France...

IEL : Et les autres rituels ?

Nirmala Gustave : Le deuxième rituel se passe pendant la maternité au septième mois de grossesse, ça s’appelle Valaïkaapu, littéralement « la protection des bracelets ». On considère qu’au septième mois l’enfant est viable. On fait une grande cérémonie au cours de laquelle la femme enceinte revêt son sari de mariage et où elle est également honorée. Il y a un défilé de femmes qui lui apportent des bracelets bien colorés sur un plateau. On va les lui passer aux poignées. Ces bracelets feront un cliquetis, un bruit qui éveillent le bébé en douceur. C’est une façon de préparer le bébé au monde extérieur grâce à ce son. De plus en plus, l’homme peut s’asseoir à côté de son épouse. Les deux parents sont honorés. C’est un rituel très courant, organisé en général par les parents de la fille.

IEL : Et le troisième rituel, dont vous parlez dans votre roman, c’est de la fiction ?

Nirmala Gustave : Le troisième rituel... en effet. Je ne pouvais pas en rester là. C’est de la fiction. C’est là l’injustice de la société indienne. Tout n’est pas terminé pour la femme quand elle est devenue mère et qu’elle a élevé ses enfants. Il y a la sagesse de la femme qui arrive à maturité qui n’est pas reconnue chez les Indiens, il faut l’avouer. J’ai inventé le rituel de la ménopause pour un personnage de mon roman. Pourquoi ne pas honorer la femme pour sa sagesse ? Alors qu’elle a une expérience de vie, des choses à transmettre à ses filles, aux femmes autour d’elle, des choses à dire... Donc, j’ai voulu créer un rituel pour la ménopause... qui est certes de la totale fiction. Mais, je vais le mettre en place maintenant. Je vais construire un atelier pour les femmes qui voudraient se retrouver entre elles, pour honorer ce passage, cette sagesse en elle... La ménopause, c’est la jubilation du féminin. La femme a élevé ses enfants, elle est libre de sa vie familiale, elle peut donc se tourner vers l’extérieur, vers des actions sociétales, vers des actions de plus grande envergure. Attention, je ne dis pas que s’occuper de son intérieur et de ses enfants, ce n’est pas une action de grande envergure. Absolument pas. C’est même essentiel, car en élevant nos enfants, on fait la société. C’est vital. Les femmes ont des choses à vivre encore, à dire, à partager, à transmettre. Elles vivent plus longtemps et elles vieillissent de mieux en mieux. Il y a une chose extraordinaire aussi, on ne le dit pas assez : il y a une sexualité encore vivante à soixante ans et une sensualité, différente mais très vivace qui régénère. Ce qui est dommage, dans le féminin parfois massacré, on a peur de cette énergie sexuelle. Une évolution des rapports femmes-hommes est requise. Trop d’injustices et de violences sont en cours qui portent atteinte à la dignité humaine. Par exemple, dans notre société indienne, il y a toujours eu un manque de mixité : les femmes d’un côté et les hommes de l’autre. Il faut passer par une éducation, apprendre à entrer en relation avec l’autre... pour que la femme ait toute sa place, pour que ses droits soient préservés.

IEL : Il est question de sororité dans votre démarche, essentielle dites-vous à l’épanouissement de la femme et au bien-être de la société. Comment voyez-vous évoluer cette réalité dans le monde actuellement ?

Nirmala Gustave : La sororité, c’est la communauté des femmes, c’est des rencontres de femmes qui ont toujours existé. Par exemple, chez les Amérindiennes on appelle ça les « tentes rouges ». Je suis moi-même en contact avec des femmes d’autres cultures très impliquées dans des cercles de femmes qui se développent de plus en plus. Il y a un éveil du féminin. Elles avancent avec les mêmes idées de transmission ; elles n’enfantent pas seulement en donnant naissance à des bébés mais elles font des choses créatives, en mettant toute leur conscience, leur joie et leur pétillement dans ce qu’elles accomplissent. Le festival du féminin initié par le Centre Génération Tao est en train de devenir international ; il réunit de plus en plus de femmes tous les ans. Il a été organisé à Montréal. Cette année, il sera organisé en Guadeloupe où je vais animer un atelier « femmes en transmission ». Oui, il y a des actions de femme, de sororité qui se mettent en place dans le monde entier. Aujourd’hui, on est dans le bon temps. Le féminin s’est éveillé par rapport à ce qui se passe dans le monde. Les femmes sont brimées et violentées. Faire prendre conscience aux femmes et aux hommes devient urgent. Eduquer et sensibiliser. Il y a une mobilisation générale à mettre en place. On constate une évolution des consciences. Les femmes ont envie de parler, de transmettre de génération en génération. On a envie de guérir nos lignées paternelles et maternelles. Pour ma part, j’ai fait un travail de guérison familiale des blessures sexuelles, par la prière et la thérapie. Le temps de sortir du silence et du déni est venu. On cherche l’ombre qui a entaché et qui ne permet pas que ce féminin soit complètement épanoui, jouissif, qui ne soit pas joyeux. Les femmes ont soif de se rencontrer entre elles, raconter leurs blessures, chercher des processus de guérison, et ensemble on cherche des solutions ! Pour co-créer des relations saines avec l’autre sexe, avec sa famille.

IEL : Et comment se passe le cheminement des participantes dans vos ateliers ?

Nirmala Gustave : Il y a majoritairement de retours très positifs. On ne nous apprend pas notre féminin au final. On ne nous apprend pas à être fières de notre corps. Lors des ateliers, les femmes sont étonnées. Pour elles, c’est une source de transformation, de bien-être immédiat. Si elles sont dans un bien-être, alors leur entourage le sera aussi.

IEL : Vous accompagnez les femmes dans leur parcours initiatique. Comment avez-vous choisi cette voie ?

Nirmala Gustave : D’abord, j’étais moi-même en questionnement. J’ai eu la chance de naître avec la foi dans une tradition chrétienne mais aussi teintée d’hindouisme. J’avais soif de voir des manifestations divines, des yogis qui faisaient des sorties astrales et cela m’intriguait beaucoup. J’aimais lire des histoires de saints, de Sri Aurobindo et de douce mère et je me suis posée des questions. A l’âge de 27 ans, suite à mon divorce, j’étais en grand questionnement sur les traditions indiennes et surtout, sur la place de la femme à la liberté restreinte. Le monde spirituel m’a aidée : par des livres sur la connaissance des chakras, l’énergie angélique, la pensée positive... c’était révolutionnaire. C’est alors que j’ai fait la rencontre avec le reiki pour avoir une guidance. Je me suis formée au reiki et cela a changé toute ma vie. Le reiki est un soin naturel par les mains. On capte le prana (« l’énergie » et on le transmet sur soi. Pour moi, ce fut un éveil spirituel et petit à petit j’ai eu envie de transmettre à mon tour... J’ai fait une formation et cela a commencé dans la vie associative. J’ai commencé à la MJC de Sarcelles en 2003 avec une conférence sur le reiki. Tout a commencé ainsi J’ai donné mes premiers cours de relaxation guidée par le reiki à la MJC, puis dans d’autres structures associatives, dans des mairies pendant dix ans. Des soins de reiki, et des cours. Ensuite, le projet « bébé lumière » a émergé très fort, mon fils a fait une crise d’adolescence, et j’ai eu envie de faire ce livret-cd, d’accompagner des mamans afin de mettre en communication la maman et le bébé dès le départ. C’est-à-dire, dès qu’on a envie d’avoir le bébé, avant même la conception. C’est une notion totalement indienne, l’âme du bébé est déjà en contact avec celle des parents. Il s’agit d’une rencontre dans le monde spirituel...c’est une fusion d’amour entre ces trois âmes. J’ai complété mes connaissances avec une formation de deux ans en périnatalité, en santé humaniste, et j’ai approfondi le rôle du positionnement du thérapeute, l’énergétique, le respect du libre arbitre, le regard bienveillant... C’est global, j’utilise tous ces outils, avec à la base, la relaxation et la respiration. Je peux aussi utiliser d’autres techniques dans les ateliers comme la digitoponcture, les minéraux qui ont des vertus, qui vont résonner avec les minéraux dans notre corps et vont apporter leurs vertus, leurs énergies...

IEL : Vous avez donc fait un CD audio "Bébé lumière" et publié le roman "Et Mandakini devint femme". A qui s’adressent ces réalisations ? A des gens qui viennent à vos ateliers ?

Nirmala Gustave : Cela ne s’adresse pas uniquement à des gens qui sont dans le développement personnel. J’ai essayé de l’ouvrir à un public plus large. N’importe quelle femme enceinte peut écouter les plages Bébé Lumière. Une plage de relaxation dure trente minutes. Elle apprendra des choses sur son corps et son bébé. Elle pourra écouter de la musique et aussi des textes de relaxation guidée à chaque mois de grossesse. Dans le roman, toute femme aura des outils pratiques pour découvrir pas à pas son corps, son être femme. Ces découvertes et ses ressentis l’aideront à s’épanouir pleinement à chaque étape de sa vie. C’est un livre que j’aurais aimé transmettre à ma fille si j’en avais eu une !

IEL : Votre roman est plein d’enseignement. On peut dire que ça bouscule, ça chavire, ça interroge... Est-ce aussi cela votre objectif ?

Nirmala Gustave : Il s’agit d’un récit initiatique. Et c’est bien de s’interroger. Eveiller la conscience pour agir. Les femmes vont alors apprendre à méditer, se poser, prendre conscience sur le plan spirituel de cette force intérieure, et sur un plan matériel également, afin de préserver les droits de la femme, prendre conscience du respect de la vie tout simplement. La femme met au monde les enfants et va éduquer des enfants. Elle va transmettre, c’est tout cela...

IEL : Vous nous avez expliqué votre propre cheminement, vos ateliers étroitement liées à aux actions de la sororité dans la société. Quels sont projets pour l’avenir ?

Nirmala Gustave : Il y a les festivals, l’un en Guadeloupe à la fin de l’année, un atelier que je vais animer en juin à Paris au festival du féminin. Un autre que je co-organise à Pondichéry en février 2017 avec Laurence Viallard. D’ailleurs, on aimerait lancer un appel à des femmes. J’aimerais rencontrer des femmes indiennes, thérapeutes ou souhaitant présenter leur art à travers des ateliers avec nous. J’ai également des projets d’écriture. Le premier, Kama dans tous les sens, des contes d’éveil amoureux, où il est question de couples qui ont une résilience amoureuse à réaliser, le deuxième, Pondichéry-Sarcelles, une série de portraits de femmes qui est un hommage à la vie associative et un troisième, Loreena, maîtresse des rituels, de la romance fantaisie, une réflexion sur la société avec le regard de la femme et de la spiritualité... Et puis continuer à aimer ma famille, rencontrer des hommes et des femmes dans la joie et la tendresse, poursuivre mon chemin spirituel.

IEL : Vous avez là un programme bien riche. Nous vous souhaitons plein de lumière pour poursuivre votre route et nous vous remercions d’avoir présenté vos activités à nos internautes.

En savoir plus : www.hymnealafemme.com


Mots-clés : culture


Pravina Nallatamby (alias Anjali B.)




Dans la même rubrique :

[18-06-2015] Rencontre avec Faeq Biria ou le Yoga sans frontières
[02-03-2015] Nirmala Gustave, praticienne en sophrologie pour l’éveil du féminin
[08-02-2015] Cedrik Verdure, de l’humour à la sauce indienne
[04-11-2014] Cap Windia ou la réouverture de la mythique route des Indes
[19-05-2014] Interview de Satya Oblette, le mannequin franco-indien aux 1000 et une facettes
[29-04-2014] Interview d’Asha Bhosle, l’une des plus belles voix de l’Inde
[17-04-2014] Rencontre avec Christophe Jaffrelot : décryptage des élections générales en Inde
[02-10-2008] Swamini UMANANDA
[07-07-2008] Douglas Gressieux
[20-05-2008] Kakoli Sengupta
[23-03-2008] Sarva Atma Mithra
[01-03-2008] Poonam Chawla
[09-12-2007] Jean-Joseph Boillot - spécialiste de l’économie indienne
[30-09-2007] Mrs Priti Sanyal - Cultural Attachée of the Maison de l’Inde
[30-09-2007] Madame Priti Sanyal - Attachée Culturelle de la Maison de l’Inde
[18-08-2007] His Excellency Mr Ranjan Mathai - Ambassador of India in France
[18-08-2007] Son Excellence Monsieur Ranjan Mathai - Ambassadeur de l’Inde en France
[04-06-2007] Laure Moutoussamy
[07-05-2007] Maria Kiran : L’Etoile du Bharata Natyam en France
[06-05-2006] Marlis Ladurée
[10-07-2005] Ashutosh Gowariker

Et si vous nous rejoigniez ?

Vous êtes passionné(e) par la culture indienne, vous souhaitez faire partager votre passion à tous les amoureux de l'Inde dans le monde francophone.
Nous recherchons des bénévoles actifs ayant un don pour la plume, des spécialistes de la communication, des web reporters, des développeurs, des graphistes...
Inde-en-ligne.com géré par l'association éponyme oeuvre depuis 2003 à la promotion d'une image novatrice de l'Inde en France entre tradition et modernité.
Si vous souhaitez nous rejoindre, merci de nous faire part de vos motivations en complétant le formulaire de contact avec vos coordonnées.


Google







Google+
Inde en lignesur Google+



Taux de change
1€=75.2920 INR


Inscription à la lettre d'information d'Inde-en-ligne.com



Inde en ligne
Ajouter à vos Favoris


Avec le soutien de
Gandi


© 2003-2015 - INDE-EN-LIGNE.COM ® - Tous droits réservés
Disclaimer