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Cedrik Verdure, de l’humour à la sauce indienne

8 février 2015

(JPG)
Cedrik Verdure
© Marie Uribe Photography

Le 23 janvier 2015, Cedrik Verdure présente son one man show hilarant à la sauce indienne, au théâtre « Le Sentier des Halles » à Paris. Après une année de tournée dans plusieurs villes indiennes de Chandigarh à Chennai en passant par Goa et Pondichéry, le célèbre humoriste fait salle comble pour la deuxième fois sur la scène parisienne. Quelques jours après son spectacle, Inde en ligne l’a rencontré pour lui poser quelques questions sur sa percée en Inde et à Paris et sur ses projets futurs dans le monde de l’humour et ailleurs.


IEL : Bonjour Cedrik Verdure. Nous avons eu la chance de voir votre one man-show le 23 janvier 2015 au "Sentier des Halles" dans le 2ème arrondissement de Paris. Vous avez fait salle comble ! Pouvez-vous nous raconter votre parcours pour arriver à un tel succès ?

Cedrik Verdure : Tout a commencé le 1er janvier 2014 en Inde. Le “One Indian Show” est né en anglais à Pondichéry. Cela s’est passé un peu par hasard, lors d’une soirée privée où un ami comédien, Christian Kusner, m’a demandé de faire un sketch de cinq minutes, comme un genre d’improvisation humoristique sur mon expérience en Inde. Puis, parmi les invités, quelqu’un qui tenait un café m’a proposé de venir interpréter plusieurs personnages devant un public chez lui. Et voilà, comment cela a démarré, à Pondichéry, au « Café Artika » ! Puis, j’ai fait une tournée en Inde avec une dizaine de représentations jusqu’en septembre 2014.

IEL : C’était un café-théâtre ?

Cedrik Verdure : Non, un café. Et, c’est ça qui est formidable en Inde. Le soir, on pousse les tables, on installe les lumières et on se retrouve sur scène ! Et comme ça, ça a tourné, à Auroville, Goa, Chennai, Chandigarh et aux Maldives. J’ai fait 10 représentations en tout.

IEL : Et comment avez-vous eu l’idée de venir jusqu’à la scène parisienne ?

Cedrik Verdure : Depuis huit ans, je vis la moitié du temps en Inde ; au départ, c’était pour réaliser des films documentaires sur la pollution de l’eau dans la vallée de la Yamuna. En septembre dernier, j’ai dû rentrer en France pour des raisons familiales. Je voyais que c’était dur l’hiver et qu’il fallait que je fasse quelque chose. D’habitude, je suis en Inde à cette période. J’ai alors pris contact avec des amis que j’ai rencontrés à Goa. Mathieu Petit et Gilles Petit, producteurs de « Little Bros », propriétaires du théâtre « Sentier des Halles » m’ont vivement encouragé à faire mon premier spectacle sur l’Inde. Je pensais que cela n’intéresserait personne. Mais ils étaient optimistes. Ils m’ont demandé de traduire le texte d’origine en français. Il y a tellement de choses à faire sur les relations humaines et le gestuel sur l’Inde. Mais l’humour français n’est pas le même que l’humour en anglais. En fait, il a fallu faire une ré-écriture. Ensuite, on a eu une première représentation le 18 novembre 2014 au théâtre « Sentier des Halles et on a même dû refuser des places ! C’était une agréable surprise. Et on a essayé d’en faire un deuxième, voilà, le 23 janvier 2015.

IEL : Bravo ! Il me semble que l’audience a beaucoup aimé. Les gens ont beaucoup ri pendant tout le spectacle. Est-ce que vous écrivez vous-même vos textes ? Est-ce qu’un humoriste en particulier vous inspire dans ce « nouveau » métier ?

Cedrik Verdure : Je les écris moi-même, seul, je mets tout en scène tout seul. A la base, je suis un homme de l’écriture, j’ai l’habitude d’écrire des scénarios pour des films documentaires et des conférences sur l’eau, j’ai aussi écrit un roman pour Amazon « la reine de Turkina Faso ». J’ai commencé mes études avec un séminaire de théologie, puis, j’ai fait un mastère de littérature à la Sorbonne, j’ai travaillé comme critique littéraire à New York pendant six ans avant de m’intéresser à la problématique de l’eau en Inde. J’ai réalisé un film documentaire avec mon ami Vineet Narain sur la pollution de la Yamuna, un film qui a été traduit en hindi pour sensibiliser le public indien à la protection de son environnement.

IEL : Vous vous inspirez de votre expérience en Inde alors... ? De Bollywood ? Votre spectacle commence avec la chanson « Welcome » d’un film hindi ?

Cedrik Verdure : Oui, bien sûr. En Inde, Bollywood, la musique, on ne peut pas s’en passer. Ça marche bien. Puis, je fais tout à moto en Inde. J’ai beaucoup appris. Avec des amis, nous avons fait projeter le film « Hindi Water » sur l’eau dans neuf villages dans la rue et il y a eu plein de réactions auprès des gens. Un public, des questions... et je vivais des choses. L’autorickshaw dont je parle dans mon sketch : les trajets le soir à 15 en autorickshaw à Chandigarh, je l’ai vécu... Puis, je suis resté avec un sadhu pendant trois jours, et je m’en suis aussi inspiré pour mes blagues. J’étais à Auroville et là, c’est encore autre chose. Les gens vivent comme dans un cocon et n’aiment pas trop être dérangés. Mais quand j’ai fait mon spectacle devant eux, ils étaient morts de rire.

IEL : Et votre style d’humour ? Comment vous le définissez ?

Cedrik Verdure : C’est le principe même du one-man show. La caricature et le portrait de personnages. J’essaie d’interpréter un maximum de personnages, tous les personnages sont extrêmement caricaturés ! En sortant de mon spectacle, on n’a aucune idée de ce qu’est l’Inde et ce que sont des Indiens, en fait... Mais, on a ri, c’est ce qui compte.

IEL : Vous exploitez aussi des comiques de situation, comme par exemple, le chef de gare, sur un quai en Inde, qui vous dit que le train ne va pas tarder et qu’il s’apprête lui-même à faire une sieste à même le sol, dans cette attente qui doit durer... 24 heures ! Vous visez quel type de public, avec cet humour bon enfant ?

Cedrik Verdure : Oui, il y a aussi des situations grotesques. Mon spectacle est pour tous les publics. Cela s’adresse à toute la famille. Je ne suis pas trop caustique, je reste accessible aux enfants. J’aime les enfants. J’ai commencé en Inde avec un public très varié. Et je voudrais vraiment toucher tout le monde.

IEL : Vous ne titillez pas seulement les Indiens, mais aussi le Parisien. Vous proposez au menu de votre spectacle des « cheese vannes » mais il me semble qu’on y trouve aussi des « Français farcis », comme ce Parisien, bloqué dans le métro, ou l’expatrié complètement paumé avec son guide Michelin lorsqu’il débarque en Inde et qu’il doit s’installer dans ce qu’on appelle l’hôtel « Taj Mahal Deluxe »...

Cedrik Verdure : Oui, dans le fond, c’est qu’il faut alterner entre les personnages indiens, le Parisien, et aussi mon ami allemand, Olli ; c’est en peu élargi à l’Europe et aux Indiens. Vous savez, le spectacle se base un peu sur notre propre regard sur un pays étranger qui, à son tour, nous est renvoyé. On voit comment on est reçu là-bas. Paris est une ville agressive, il faut se détendre, ne pas être stressé. Dans le métro, on est stressé et on commence à agresser tout le monde, à accuser tout le monde. Comme je dis au début de mon spectacle : tous les pays se valent, il y a des montagnes, des rivières, des buildings, des routes, mais avant tout, il y a des gens. Il faut se détendre soi-même et arrêter d’accuser la vie, les pays, les autres, l’être humain... Je viens d’un fond de théologie et toutes les religions me fascinent. Je suis chrétien mais on peut parler de tout. Je ne rigole pas de la religion mais avec les religieux. Comme je vous l’ai dit, je suis allée jouer à Auroville et cela les a fait mourir de rire.

IEL : Vous faites des choix de thèmes sur scène, en fonction de votre public ?

Cedrik Verdure : Selon le public, non mais je garde toujours un fil conducteur. Ici, j’ai adapté un peu l’écriture ; il faut rendre le spectacle accessible au public français. En Inde, je joue l’expatrié... Par exemple, le « guide Michelin » n’y avait aucun intérêt...

IEL : Vous avez parlé du gestuel en Inde. Le fameux « headshake », typique hochement de la tête qui veut dire « oui et/ou non », selon l’interprétation qu’on veut lui prêter, le rôle des deux mains, la main droite, la main gauche. En Inde, on mange avec les doigts de la main droite et puis... ? C’est pas mal mais en même temps, un peu provocateur aussi, vous ne trouvez pas ?

Cedrik Verdure : Oui, c’est une blague un peu potache. C’est une blague qui renvoie aussi à la France, un pays civilisé avec des toilettes. Les toilettes à l’époque de Louis XIV. Quand on lit « Les Mémoires de St Simon » et on voit la façon dont on déféquait à Versailles au temps des rois, eh bien...vous êtes mort de rire. C’est pour faire rentrer le public un peu... ça ne fait de mal à personne, d’en rire !

IEL : Et vos personnages, vous faites comment le choix de leurs noms ?

Cedrik Verdure : Il y a en effet Tabatha, la prostituée à Auroville, inspirée d’une actrice pornographique, Ashish le Sadhu... ça parle de lui même, ça donne un caractère très sympathique, ça se rapproche de la réalité, Ganesh l’éléphant, le sosie alcoolique de Gandhi dans un bar ; Gandhi est un personnage controversé. Tous les personnages historiques ont eu une vie secrète, avec des parts d’ombre dans leur biographie. Mandela, Napoléon...

IEL : Pour quel personnage avez-vous une préférence ?

Cedrik Verdure : J’ai un petit faible pour Tabatha à Auroville. En tant qu’acteur, comédien, c’est un défi de se mettre dans la peau d’une femme ; des filles illuminées à Auroville, qui cherchent un idéal de vie et qui pensent l’avoir trouvé. C’est à la fois très beau et un peu inquiétant. Rester dans un cocon, ne plus avoir des rapports avec le reste du monde...Moi, je ne suis pas comme ça, je ne pourrai pas rester ainsi...

IEL : Des projets futurs ?

Cedrik Verdure : J’aimerais faire tourner encore le one Indian show pour une saison, en français et en anglais. Et j’en ai encore quelques autres : l’un s’appelle « Travailler plus pour ne plus travailler ». J’aimerais pouvoir le monter rapidement. Puis, j’ai un projet d’écriture pour une pièce de théâtre à deux avec une amie sur le thème de l’amour et aussi un autre sur le sport. Je suis un grand fan de sport !

IEL : Et des spectacles en Inde aussi ?

Cedrik Verdure : L’Alliance française de Chandigarh est très intéressée. L’ouverture de l’Inde est incroyable. Tout le monde s’intéresse à tout. Et il y a un manque. L’Inde bouge beaucoup. Mais je veux aussi faire autre chose, continuer mes conférences internationales, des expositions photos, des films documentaires. J’ai déjà été invité par l’Alliance française de Chandigarh dans le Pendjab en 2010. J’y avais organisé une exposition photo et donné des conférences sur la pollution de l’eau douce. Faire des choses variées... Faire des documentaires, parler de l’environnement, en parler en faisant rire, pourquoi pas ? Actuellement, je me consacre aussi à un scénario d’un long-métrage de Bollywood. En parallèle de mon one-man show.

IEL : Est-ce que le métier d’humoriste vous fait vivre ?

Cedrik Verdure : Le spectacle ? C’est rentable quand on a une date fixe, seulement. Pour moi, ça vient de commencer. J’ai eu de la chance d’avoir 200 personnes en deux spectacles pour mes premières représentations à Paris. Mais il va falloir que je trouve une autre économie plus rythmique avec un autre théâtre. Mathieu Petit de Little Bros a proposé de m’aider et Fanny Jourdan, directrice du théâtre du Sentier des Halles m’encourage vivement aussi pour mes projets.

IEL : Est-ce que vous pensez que l’humour est utile à la société ? L’humoriste joue un rôle ?

Cedrik Verdure : Cela me paraît évident. Oui, mais je suis apolitique. L’humour, c’est « interroger », c’est un peu comme dit Stendhal pour le roman, c’est « promener un miroir au long d’un chemin ». Mais nous, on promène le miroir et parfois on casse les miroirs. Et cela fait réfléchir.

IEL : Vous avez un message à faire passer dans votre spectacle ?

Cedrik Verdure : Voyagez, partout, ne restez pas chez vous. Je crois vraiment que l’autre permet de s’interroger sur soi-même. On est toujours persuadé qu’on a la meilleure des situations. Le voyage, ça permet de voir autrement les choses. Et en plus, l’Inde, c’est tellement différent. Déjà le rapport au temps est le plus évident à comprendre. Il y a d’autres exemples comme la famille, les liens qu’il y a dans les familles. Quand on vit à Paris, où deux mariages sur trois finissent en divorce, on peut s’interroger. Et puis, il y a la réussite. La réussite, réussir à quoi ? Pour moi, c’est réussir tout court, faire son métier le mieux que je peux. J’ai beaucoup de travail.

IEL : Vous avez un modèle comme humoriste ?

Cedrik Verdure : J’admire et je respecte les comédiens qui ont fait le conservatoire. Je commence dans le domaine, je vais m’intéresser à ce monde et voir comment ils font. Je n’ai pas de réponse.... J’ai lu Devos quand j’étais petit... j’ai toujours admiré les gens qui montaient sur scène et qui arrivent à faire rire. Coluche l’a fait. Moi, je viens d’un autre milieu, de la littérature, je découvre...

IEL : A Paris, ça a l’air de bien marcher, le one-man show, et maintenant pour vous aussi...

Cedrik Verdure : J’espère. Actuellement, je cherche un théâtre pour continuer... La prochaine date, c’est pour le 27 mars où je présente un extrait du One Indian Show au So Gymnase à 20h à Paris...

IEL : Nous vous souhaitons d’en trouver un très vite, beaucoup de succès et plein de fous rires auprès de vos prochaines audiences ! Merci de nous avoir présenté la genèse du « One Indian Show », spectacle d’humour au massala indien et fort en cheese vannes !

Teaser de son dernier spectacle


Teaser One Indian Show Celebrity par cedlevert


Mots-clés : societe


Pravina Nallatamby (alias Anjali B.)




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