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Cap Windia ou la réouverture de la mythique route des Indes

4 novembre 2014

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Cap Windia, en plus d’être la course nautique internationale reliant Lorient (Bretagne) à Pondichéry comprenant une escale à Port Louis (Île Maurice), est un projet de coopération économique et culturelle, avec un volet développement durable, qui a pour but de développer les échanges franco-indiens. Inde en Ligne se la joue p’tit mousse le temps d’une interview avec le président-fondateur du projet, Jean-Pascal Descomps, accompagné de Valéry Joubault, directeur de la communication et des RP. Propos recueillis par Mohini.


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Jean-Pascal Descomps (à gauche) et Valéry Joubault (à droite)

IEL : Jean-Pascal, pourriez-vous nous dire pourquoi avoir choisi la thématique de la route des Indes pour illustrer un défi sportif alors que vous n’êtes pas marin ?

Jean-Pascal Descomps : Ayant dirigé le Palais des Congrès de Lorient pendant 11 ans, j’ai pris conscience de l’importance de la route des Indes dans l’histoire de cette ville lors du succès rencontré sur le salon du chocolat, café, thé et épices en 2006 mais aussi et surtout au lendemain du tsunami où j’avais ré-ouvert le Palais des Congrès pour initier une action de reconstruction des maisons à Matara (Sri Lanka).

Lorient est aujourd’hui le premier pôle de course au large européen. Nous avons des grands skippers à Lorient comme Alain Gautier qui a gagné le Vendée Globe (« l’Everest des skypers ») en 1993 mais aussi Jean-Pierre Dick, Franck Cammas, Jérémie Beyou et bien d’autres. Nous souhaitons aujourd’hui trouver un événement majeur qui permettra de promouvoir Lorient dans tous ses atouts (sportifs, économiques et touristiques), d’où les différents volets de Cap Windia. C’est ainsi que le projet d’une nouvelle route des Indes a émergé, il y a trois ans.

IEL : Comment avez-vous été amenés à travailler ensemble ?

Valéry Joubault : Nous nous sommes rencontrés il y a un peu plus d’un an à l’occasion d’une soirée événementielle à Paris durant laquelle Jean-Pascal intervenait pour déjà parler du projet Cap Windia. J’ai trouvé son sujet passionnant.

Jean-Pascal Descomps : J’ai décidé de tout quitter pour pouvoir me lancer à 100% dans ce projet. Il y a une phrase que j’aime beaucoup : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles » (Sénèque).

IEL : Comment vous êtes-vous passionné pour l’Inde ?

Jean-Pascal Descomps : Des romans, comme Le Nabab d’Irène Frain (1982) qui relate la vie d’un p’tit mousse de Quimper et qui est devenu Nabab en Inde, m’ont donné envie de m’intéresser à l’Inde. Je suis aussi un passionné d’histoire et je me suis du coup documenté sur l’histoire de Lorient, liée depuis toujours à ce pays comme l’illustre le Musée de la Compagnie des Indes à Port Louis (commune de Lorient).

IEL : En quoi le projet Cap Windia contribue-t-il au développement des relations économiques franco-indiennes ?

Jean-Pascal Descomps : Nous sommes dans une période en Inde ou il y a des entreprises, comme Mahindra, qui ont entrepris de se lancer dans la construction de yachts. Or, en France nous avons un réel savoir-faire en la matière. Nous sommes aujourd’hui aux prémices de faire découvrir le nautisme comme loisir aux Indiens qui disposent de plus de 7500 km de côtes.

D’autre part, il y a plus de 1 100 entreprises en Bretagne concernées par l’activité nautique. Dans le projet de Cap Windia, il est question de mettre en place une joint-venture entre la Bretagne, le Tamil Nadu et le territoire de Pondichéry. L’idée est de pouvoir faire une sailing valley à Pondichéry mais aussi de capter une clientèle indienne pour le marché français et bien sûr breton.

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IEL : Vous parlez de la construction de la Marina au Tamil Nadu (Chennai, Pondichéry...), quel rôle peut jouer Cap Windia dans la construction de celle-ci ?

Jean-Pascal Descomps : De gros groupes industriels français sont basés dans la région et il y a une antenne d’Ubifrance à Chennai. Via Cap Windia, nous avons la volonté de crée une joint-venture entre les entrepreneurs bretons et les entrepreneurs indiens basés notamment à Pondichéry.

IEL : Quelque chose m’échappe, les grosses entreprises sont au Tamil Nadu et le projet de Marina à Pondichéry. Pourriez-vous éclairer nos lecteurs ?

Jean-Pascal Descomps : Pondichéry est à 3h de route de Chennai et j’ai comme objectif de me concentrer sur Pondichéry en raison de l’ancien comptoir français et de ses intéressantes perspectives de développement touristique et nautique.

IEL : Pourtant Pondichéry est bien moins dynamique que Chennai...

Jean-Pascal Descomps : Oui mais le potentiel de développement économique est réel à Pondichéry ; notamment dans les domaines du nautisme et du tourisme. On parle souvent à tort de Pondichéry comme étant « la belle endormie » qui ne demande qu’à s’éveiller. J’ai envie de contribuer humblement à son réveil en cours grâce à une politique "investisor-friendly" et une amélioration des infrastructures.

IEL : Vous dites vouloir développer le nautisme au Tamil Nadu, mais avez-vous déjà vu de vos propres yeux un tamoul nager ? Seuls les pêcheurs sont sur des catamarans. On est loin des CSP+ que vous voulez cibler. Pondichéry n’étant pas Lorient, comment inculquer à la population l’envie de s’intéresser à la mer ?

Jean-Pascal Descomps : Au travers des études d’Ubifrance et de celles menées par des professionnels, comme Lionel Mallard qui a fondé la première école de voile à Pondichéry, on voit qu’il existe une clientèle très demandeuse, avec en plus un fort pouvoir d’achat.

IEL : Qu’est-ce qui vous fait dire que les CSP + sont à Pondichéry et non dans les grosses mégalopoles comme Mumbai ?

Jean-Pascal Descomps : La clientèle visée est essentiellement la catégorie CSP+ du sud de l’Inde avec Chennai où sont concentrés des grands groupes industriels français, Bangalore avec l’aéronautique mais aussi Coimbatore (industries lourdes), Hyderabad (textile) et d’autres encore. Aujourd’hui, des personnes aisées de ces villes et même de Mumbai viennent passer le week-end à Pondichéry. Notre cœur de cible vise aussi bien les Indiens que les Français qui vivent dans les grandes agglomérations.

L’étude d’Ubifrance montre bien qu’il y a une demande d’achat de yacht dans la Marina de Mumbai. Il y a une vraie clientèle désireuse d’acquérir ce type de bateaux. Or, nous avons besoin de développer le commerce extérieur français. L’ingénierie française dans ce domaine est à la pointe et nous avons déjà de très belles marinas avec l’exemple de Port Grimaud à St Tropez, Goa, Cochin et Mumbai développent bien leur marina pourquoi pas une marina à Pondichéry surtout si elle s’inscrit dans un projet global de développement touristique et nautique ?

IEL : Il semblerait que derrière la performance sportive du projet Cap Windia, il y ait aussi une volonté de promouvoir la francophonie sur la route des Indes. En quoi la francophonie est-elle toujours d’actualité alors que la langue française perd de son affluence ?

Jean-Pascal Descomps : Il y a 200 millions de francophones dans le monde et dans 20 ans on sera 700 millions en raison de la démographie. Plus de 7 000 Français vivent à Pondichéry et beaucoup d’Indiens parlent le Français. Aujourd’hui il y a cette culture française en Inde, l’Inde aime la France. Par ailleurs, Dominique Hoppe, le président de l’AFFOI (Assemblée des Francophones Fonctionnaires des Organisations Internationales monde), nous fait le plaisir et l’honneur d’être aujourd’hui vice-président de Cap Windia en charge de la francophonie. (Ndlr : la francophonie est marquée à Pondichéry par la présence d’un lycée français anciennement collège royal où Nehru en visite déclara "Pondichéry, fenêtre ouverte sur la France", de l’Alliance française, l’Institut Français, l’Ecole française d’Extrême-Orient, le consulat général de France....)

IEL : Vous savez sans doute que les Indiens n’ont pas du tout la même notion du temps que les Européens, ne craignez-vous pas qu’il n’y ait personne « à l’heure » à l’arrivée de la course ?

Jean-Pascal Descomps : Nous avons d’ores et déjà sur place des relais de professionnels qui connaissent très bien la culture indienne avec le rythme bien différent en effet de celui des occidentaux. Ils sauront capter le cœur de cible que nous recherchons ainsi que les médias locaux et nationaux indiens. Nous ne voulons pas faire de Cap Windia un évènement « franco-français » mais bien un rassemblement « franco-indien ».

IEL : Il y aura un "media man" à bord pour partager avec les fans ce demi-tour du monde en temps réel, en quelle(s) langue(s) sera diffusé ce partage d’expérience ?

Jean-Pascal Descomps : Ce sera en français et en anglais. De gros sponsors seront derrière cette course et les enjeux économiques sont donc importants. Or, le succès d’une course nautique réside dans l’originalité de son parcours qui est un schéma intermédiaire entre une course transocéanique (4000 milles) et un tour du monde (20000 milles), dans son organisation, et aussi dans son relais médiatique. Le « media man » offrira au grand public de suivre la course en temps réel, et permettra au skipper de se concentrer uniquement sur ce qu’il aime, c’est-à-dire naviguer.

IEL : Prévoyez-vous quelque chose en tamoul puisque la course s’achèvera au Tamil Nadu ?

Jean-Pascal Descomps : Non pas dans l’immédiat mais sur notre site internet nous aimerions traduire une présentation du projet en Tamoul ainsi qu’en Hindi pour fédérer et montrer le respect que l’on a envers ces cultures.

IEL : Est-ce difficile de convaincre les potentiels sponsors de vous suivre en période de crise ?

Jean-Pascal Descomps : Ce n’est pas simple en effet, dans un contexte de crise que nous connaissons. Le premier Ministre Narendra Modi veut aujourd’hui renforcer les investissements directs de l’Etranger. Le media de la voile a des retombées média extrêmement fortes. C’est un des rares sports, avec le cyclisme, ou le sponsor peut même donner le nom de son entreprise au bateau à l’équipage.

IEL : Quel est le budget d’une telle course ?

Jean-Pascal Descomps : Pour un tour du monde à la voile il faut environ 10 millions d’Euros. Cap Windia équivaut à un demi-tour du monde soit 11 000 milles et huit semaines de course comprenant les quinze jours d’escale à St Louis. Notre budget course est estimé à environ 5 millions d’Euro. Nous serions très heureux d’avoir une vingtaine de bateaux pour cette nouvelle route mythique des Indes orientales françaises.

IEL : Pour alléger le coût, peut-on avoir un bateau et plusieurs sponsors pour celui-ci ?

Jean-Pascal Descomps : Oui, aujourd’hui des réflexions sont menées pour mutualiser le coût des bateaux pour les PME/PMI par exemple. Le projet s’appelle Cap Windia mais la course en elle-même s’appellera « Spices Race », la course des épices. L’objectif est que cette course ait lieu tous les quatre ans comme le Vendée Globe (course du monde en solitaire) ou la Route du Rhum.

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IEL : Une fois la course réalisée, quel avenir voyez-vous pour Cap Windia ?

Jean-Pascal Descomps : Une réflexion est en cours pour réaliser des croisières sur la thématique de la route des Indes, cela n’existe pas aujourd’hui. Les croisières partiraient de Lorient ou de Maurice avec une arrivée à Pondichéry.

IEL : Dans ce cas, votre cible serait cantonnée aux personnes retraitées ?

Jean-Pascal Descomps : Vous êtes terrible ! Les croisiéristes ne sont pas que des retraités, la clientèle se compose aussi d’actifs qui optent pour ce type de vacances notamment du monde des affaires. Une croisière peut tout à fait se faire pendant la course, en suivant l’arrivée d’une étape par exemple. Pendant la traversée, on peut envisager des conférences ou une exposition sur le thème de la Route des Indes. Une fois arrivé à l’étape, des rencontres avec des écrivains, historiens et des skippers y seront organisées.

L’après course, c’est aussi le développement économique de Lorient et de Pondichéry. Ce projet est créateur d’emplois (développement du nautisme, tourisme d’affaires...). On peut aussi faire de Pondichéry, une vitrine des produits français et donc rajouter un volet gastronomique au projet. La Bretagne est une région riche dans ce domaine avec beaucoup de grands chefs qui aiment travailler avec les épices (je pense à Olivier Roelinger et bien d’autres...).

IEL : Ne pensez-vous pas que les Indiens, habitués à manger pimenté, vont trouver la cuisine bretonne un peu fade en comparaison ?

Jean-Pascal Descomps : non, les Indiens aiment justement la cuisine française qu’ils trouvent très fine. En septembre dernier il y a eu le film « Les recettes du bonheur » de Lass Hallström qui relate l’arrivée d’Indiens dans un village du sud de la France et qui ont pour but d’ouvrir un restaurant. Nous envisageons aussi de créer un « son et lumière » qui retrace l’histoire de la route des Indes à Lorient et à Pondichéry car l’amitié entre la France et l’Inde est séculaire.

IEL : Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Jean-Pascal Descomps : Bon vent ! (sourire) Je voudrais que les gens comprennent que c’est un projet qui a du sens, qui est légitime et qui fédère. Nous avons d’ailleurs reçu le soutien écrit de Monsieur Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense, ancien président de la région Bretagne et ancien maire de Lorient pour le projet Cap Windia dans son ensemble, avec évidemment un vif intérêt pour que le départ de la course soir donné à Lorient en 2017. Nous recevons aussi le soutien de la diplomatie française en Inde que je tiens à remercier ici au nom de tous les bénévoles qui se mobilisent pour que ce projet ambitieux largue les amarres...Ce projet fait rêver alors vivons nos rêves de Lorient vers l’Orient.

IEL : Merci beaucoup pour votre temps et bon vent !

En savoir plus sur le projet

www.capwindia.com

Crédit photo : Valéry Joubault / Shutterstock CapWindia


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Mohini Appavoupillai-Garnier




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