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La diaspora indienne dans les antilles

Le cas de la Guadeloupe

12 novembre 2006


GUADELOUPE

Comment s’est organisée cette migration ?

En décembre 1854, le premier bateau, l’Aurélie, ramena en Guadeloupe 344 engagés indiens sous contrat pour 5 ans. Entre 1854 et 1889, 93 bateaux emmenèrent au total 42326 indiens, la plupart fuyant une situation économique et politique catastrophique.

Jusqu’à juillet 1861, les Français recrutaient les engagés dans les comptoirs de Pondichery, Karikal, Yanaon, Mahé et Chandernagor. A la suite d’un accord avec les Anglais, ils ont pu recruter en territoire anglais. A partir de 1873, les recrutements ont alors commencé dans le nord de l’Inde, au départ notamment du port de Calcutta. Ces engagés venaient de la région de Calcutta, de l’Uttar Pradesh et du Bihar.

Il n’est pas facile de déterminer avec exactitude l’origine sociale des immigrants Dans la mesure où le besoin de main d’oeuvre concernait essentiellement des travailleurs agricoles, tout ceux qui voulaient quitter l’Inde déclaraient cette profession, qu’ils soient de castes inférieures ou supérieures.

Il y avait peu de Brahmanes et la plupart des prêtres hindous étaient non végétariens et vénéraient des divinités populaires. Le nombre de musulmans était par ailleurs plutôt faible.

La majorité est partie de son plein gré, la tête pleine de promesses de vie meilleure, d’autres se sont trouvés enrôlés de force.

Au bout de 5 ans, théoriquement les indiens pouvaient re-signer pour 5 ans ou repartir aux frais des planteurs, s’ils avaient payé l’intégralité de leur voyage. Dans les faits, cela n’a pas toujours été appliqué. Certains ont fait le choix de rester, d’autres ont essayé en vain de repartir mais furent découragés par les Français qui voulaient les garder. Il était par ailleurs difficile de rassembler suffisamment d’économie compte tenu des faibles salaires payés pour le travail dans les champs.

A leur arrivée, les indiens ont été stockés comme des animaux dans des hangars près du port de Pointe à Pitre. Bien qu’un accord ait été signé le 10 Aoùt 1861 pour leur garantir des droits, leur condition de vie et de travail n’était pas loin de l’esclavage, tant au niveau des heures de travail hebdomadaires que pour les mauvais traitements ou la quantité de nourriture de base fournie

Les traitements étaient différents selon les plantations et certains ont pu travailler comme domestique dans les habitations coloniales, cela leur a permis de mieux vivre et d’avoir accès de façon indirecte à l’éducation.

Comment s’est passée leur intégration ?

Après la crise de l’industrie sucrière de 1883, les Français ont décidé d’arrêter le recrutement et les rapatriements qui leur coùtaient trop chers. A partir de ce moment, les indiens ont dù faire face à de nombreux problèmes d’intégration et ce n’est que depuis 1923, au terme du « procès politique » d’Henry Sidambarom, qu’ils sont considérés comme citoyen français à part entière. Ce fameux procès débuta le 23 février 1904 pour se terminer qu’en 1923, avec l’officielle reconnaissance de la nationalité française aux indiens de Guadeloupe et à tous leurs descendants.

Les immigrants indiens avaient emporté avec eux un peu de leur culture et traditions : croyances religieuses et rituels, statuts de leurs dieux et déesses, épices, végétaux. Mais loin de leur terre natale, devant d’adapter à une vie difficile dans un climat hostile - les Français les traitaient plus durement que les Anglais et les anciens esclaves les méprisaient-, ils ont dù faire des compromis.

Au niveau de leur religion

* Le système des castes a disparu et a laissé la place à la hiérarchie du monde du travail selon l’organisation mise en place dans la plantation * Dès le voyage, les végétariens ont dù s’alimenter avec de la viande (boeuf et porc) afin de survivre. * Les rituels liés à la naissance, au mariage et à la mort ont été abandonnés car les pratiques religieuses hindoues étaient interdites par les Français. Les musulmans, très minoritaires, n’ont pu garder leur religion et se sont assimilés aux hindous.

La religion catholique fut imposée aux indiens mais ils ont continué à pratiquer l’hindouisme le dimanche et les cérémonies religieuses étaient prétextes à de grands rassemblements festifs dans lesquels la musique et la danse avaient une grande place.

Voici les principales divinités vénérées en Guadeloupe :

* Mariaman ou Maliemen : c’est un avatar de Durga ou Lakshmi, elle symbolise l’hindouisme Guadeloupéen et les prières sont en tamil

* Madouraâ Virin ou Maldevilen : son nom signifie « héros de la ville de Madurai ». Il est le protecteur des pauvres gens et détient son pouvoir de Meenakshi.

* Kalimaâ ou Kali, divinité « apportée » par les indiens du Niord nord : redoutée car d’aspect effrayant, elle est très respectée et les prières qui lui sont faites sont en hindi.

* Mahabil comme Kali est du Nord de l’Inde, il s’agit en fait d’Hanuman, représenté par un singe. A noter la présence de Nagour Mira, figure de l’Islam du sud de l’Inde, dans l’hindouisme local. Les hindous avaient très peur de la malédiction des kala pani (eaux noires car impures). En effet, ils avaient interdiction de quitter la terre sacrée pour traverser les océans. Nagour Mira ayant protégé les convois, il fut remercié et vénéré en retour. Dans les rituels, les offrandes de fruits et de fleurs peuvent être accompagnées de sacrifices d’animaux selon les divinités.

Au niveau de leur mode de vie

* Le tamoul, le hindi et les autres dialectes laissèrent la place au créole mais le créole s’est aussi enrichi avec ces langues.

* Les noms ont été modifiés et francisés.

* Abandon des tenues et bijoux indiens impossible à trouver, au profit de la tenue « madras » des antillais.

* Au niveau culinaire, les indiens ayant apportés avec eux des végétaux et des épices, ils ont pu continuer à cuisiner des plats indiens. Le colombo par exemple, plat typique antillais fait avec une pâte appelé « massalè », est une variante du massala,

Vers un retour aux sources

Ouverture vers l’Inde et la culture indienne

Dans les années 80, les premières associations ont été créées et ont oeuvré pour retrouver leur culture, maintenant il faut montrer à quel point la culture indienne fait partie de la culture antillaise. Les danses classiques Odissi et Bharata Natyam ont été introduites en Guadeloupe. De même pour le yoga, et les vêtements ont été introduits. Il est courant de voir durant les mariages et grandes occasions, des saris et salwar kamiz. Depuis 2 ans, des cours de hindi et de tamil sont aussi dispensés à un petit groupe d’étudiant. La télévision locale programme par ailleurs régulièrement des films indiens, permettant une large diffusion de la culture indienne. Au niveau religieux, Shiva Ratri et Diwali sont maintenant célébrés en Guadeloupe. Les temples ont été ornés de vraies sculptures importées, et les puja ont trouvé leur place dans les rites traditionnels. Néanmoins, très peu d’Indo-guadeloupéens ont franchi le pas et sont partis à la découverte de leurs racines mais ils devraient être de plus en plus nombreux à faire ce voyage.

Reconnaissance des indo -guadeloupéens au niveau national et international

Le 150ème anniversaire de l’arrivée des indiens a été célébré tout au long de l’année 2004. Les associations se sont mobilisées pour que 2004 soit l’année de l’Inde en Guadeloupe avec la collaboration du Conseil Général et l’ambassadeur de l’Inde. Au programme :

* Exposition, conférences sur Tagore, Gandhi, l’arrivée de indiens, l’art culinaire, le yoga, les rites funéraires, la poésie indienne, la civilisation tamil, etc...

* Concert de Susheela Raman mais aussi de musiciens indiens

* Spectacles de danse classiques de Ragunath Manet, de troupes indiennes de Kuchipudi, Bharata Natyam, Odissi Une statue de Gandhi, don de la République Indienne à la Guadeloupe, a par ailleurs été érigée à Saint François, ville de l’ancien Député M. Moutoussamy. Cet anniversaire coincidait avec le 100ème anniversaire du début du Procès politique de Sidambarom. Cela a donc été l’occasion de fêter aussi l’émancipation des travailleurs indiens. Cette commémoration avait pour but de reconnaître la culture indienne comme faisant partie intégrante de la culture antillaise et de rassembler les communautés.

Au niveau international, des liens étroits ont été développés avec Trinidad et de plus en plus avec l’Inde. Des colloques sont par ailleurs organisés régulièrement pour discuter de la « diaspora ».

L’Inde commence à s’intéresser à ces indiens et permet désormais d’accéder au statut de PIO (People of Indian Origin), statut donnant droit à certains avantages en Inde. La double nationalité peut aussi être acquise et peut être une façon de revenir aux sources. Néanmoins, si certains se sentent indiens et vont avoir une démarche vers l’Inde, beaucoup se sentent plutôt indo-guadeloupéens et ont pour ambition de faire reconnaître leur culture aux Français.

Nous remercions E. Moutoussamy - Maire de St François, O. Mounssamy- professeur et animateur de l’émission Indiaspora sur la radio Gayak , J. Errin - prêtre hindou à Capesterre, et J. Sidambarom - petit-fils d’Henry Sidambarom pour leur précieuse collaboration, ainsi que toutes les personnes qui ont apportées leur témoignage.

Shriya

Sources bibliographiques :

-   MOUTOUSSAMY Ernest : « Aurore », Ed l’Harmattan 1987, « la Guadeloupe et son indianité », Ed Caribéennes 1987

-   SULTY Max et NAGAPIN Jocelyn : « La migration de l’hindouisme vers les Antilles » , 1989.

-   SINGARAVELOU : « Les Indiens de la Guadeloupe » Thèse Bordeaux - L’Harmattan - 1975

A venir le cas de l’île de la Réunion et de l’île Maurice.

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