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Le gang des saris roses

Les femmes prennent leur revanche

11 juillet 2008


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Le gand des saris roses (Pink gang) © Barcroft Média

L’Inde connaît actuellement une croissance économique florissante ayant des retombées sur la population, ouverture sur le monde, augmentation du pouvoir d’achat, amélioration des infrastructures. Mais il est des choses qui n’ont guère évolué : la mentalité de certains Indiens... Le statut de la femme a certes connu des améliorations dans les zones urbaines ; il n’est pas rare de voir les femmes gagner leur vie, conduire. Mais cette vie n’est pas donnée à toutes les femmes.

Dans les campagnes, la femme est encore considérée inférieure à l’homme mais elle est surtout un fardeau pour la famille à cause de la dot. Et pourtant un groupe de femmes appelé le Pink Gang, entendez par là le Gang des femmes en roses est né dans l’Etat de l’Uttar Pradesh au nord de l’Inde

« Elles s’habillent en saris rose bonbon, mais leur réputation est loin d’être tendre. » Ce sont les justicières roses, membres d’un groupe décidé à extirper la corruption des forces de police et à appliquer une justice impitoyable aux coupables de violence domestique ou d’abus sexuel.

Elles sévissent dans l’état d’Uttar Pradesh au nord de l’Inde. Elles ont choisi le rose comme emblême de leur combat et peuvent compter dans leurs rangs, plusieurs centaines de militantes. Elles sont armées de lathi - les bâtons traditionnels - qui servent à battre les hommes qui ont abusé de leurs épouses ou les ont abandonnées, et aussi à "tabasser" les policiers qui ont refusé d’enregistrer des plaintes pour viol.

Le groupe, qui s’est formé il y a deux ans, bien que ses membres soient issus des plus basses castes de la société indienne, est même parvenu à dénoncer les malversations des politiciens corrompus.

Depuis sa création, le Pink Gang, comme elles s’appellent, a été frappé par une série d’accusations criminelles, mais elles tiennent bon et résistent aux menaces.

« Personne ne vient à notre aide dans cette région » dit Sampat Pal Devi, 47 ans, la fondatrice du groupe, qui donne aux autres femmes des leçons de combat. « La police et les fonctionnaires sont tellement corrompus et anti-pauvres, que nous devons nous même faire appliquer la loi. A d’autres moments, nous couvrons de honte ceux qui se comportent mal. Mais nous ne sommes pas un gang dans le sens habituel du terme. Nous sommes un gang pour la justice. Nous portons le rose car c’est la couleur de la vie. »

Le Pink Gang est basé dans la zone de Banda, une des parties les plus pauvres d’Uttar Pradesh, et les femmes gagnent peu à peu le respect des fonctionnaires locaux réticents.

Plus de 20% de la population de Banda sont « intouchables », la caste la plus basse.

Les femmes sont les premières victimes de la pauvreté et de la discrimination dans une société féodale dominée par les hommes et soumise aux castes supérieures. Presque toutes les Pink justicières vivent dans des huttes de boue et de brique, sans eau courante, sans électricité, et survivent avec moins de 50 pence (0,75 euro) par jour.

Aarti Devi, agée de 25 ans, nous dit : «  Toute seule je n’ai aucun droit mais ensemble, en tant que groupe de Gulabi (roses), nous avons de la puissance. Quand je vais chercher l’eau, les gens des castes supérieures me battent, me disent que je n’ai pas le droit de boire la même eau qu’eux. Mais quand nous sommes en bande, ils nous craignent et nous laissent tranquilles. »

« Il y a six mois, une femme a été violée et nous sommes allées avec elle au commissariat de police. Au début, les chefs ont refusé de prendre la plainte, mais ensemble, nous avons pu forcer la police à agir. Nous avons traîné l’officier de police hors du commissariat et nous l’avons battu avec nos bâtons. »

Le gang reçoit de plus en plus l’appui des hommes. « Mon père est un membre de la bande de Gulabi » nous confie Aarti.

«  Nous ne sommes pas contre les hommes. Nous sommes pour l’égalité des droits pour tout le monde et contre ceux qui la refusent. » Sampat, une mère de cinq enfants, mariée à neuf ans, est devenue une célébrité locale.

Intensément fière de son travail, elle dit : « Nous avons empêché que les femmes soient violées et nous avons envoyé les filles à l’école. La violence contre des femmes et le viol sont très communs ici, aussi, nous essayons de les éduquer pour qu’elles connaissent leurs droits. Dans les cas de violence domestique, nous allons parler au mari pour lui expliquer qu’il a tort. S’il refuse d’écouter, nous faisons sortir la femme et alors nous le battons. Au besoin, nous le battons en public pour l’embarrasser.

« Les hommes ont l’habitude de croire que les lois ne s’appliquent pas à eux, mais nous faisons le forcing pour que ça change totalement. »

L’année dernière, après avoir reçu des plaintes parce qu’un magasin d’état ne donnait pas la nourriture qu’il était sensé distribuer gratuitement aux pauvres, le gang a commencé à surveiller le propriétaire et son fils. Une nuit, on a vu deux camions chargés de grain sur le chemin du marché, où le propriétaire du magasin prévoyait de le vendre et d’empocher les bénéfices. »

Le Pink Gang a fait pression sur l’administration locale pour qu’elle saisisse le grain et s’est assuré ainsi que le grain soit correctement distribué.

Certaines actions sont couronnées de succès. Ainsi, le groupe a réussi à restituer à leurs maris respectifs onze filles qui avaient été jetées dehors par leur belle-mère en raison de leurs dots insuffisantes.

De façon générale, les indicateurs de développement humain du district sont évidemment très médiocres. Le taux d’alphabétisation féminin plafonne à 23,9 %, contre 50,4 % pour les hommes ; le ratio hommes/femmes est de 846 femmes pour 1 000 hommes, alors que la moyenne de l’Etat est de 879 [et qu’au niveau international le rapport est inversé : 105 filles pour 100 garçons].

Et, si la violence conjugale fait des ravages, l’arriération des femmes est encore renforcée par le poids du système de castes.

Mais le Pink Gang s’en prend aussi bien aux maris qui brutalisent leurs femmes parce qu’elles ne réussissentt pas à leur donner un fils qu’aux fonctionnaires qui s’enrichissent en vendant au marché noir des céréales subventionnées par l’Etat et normalement destinées aux plus pauvres. Alors que les ressources naturelles du district pourraient normalement assurer des moyens de subsistance à tous les habitants, elles sont pillées par un petit nombre d’entre eux en toute impunité parce que les autorités locales ferment les yeux sur ces agissements. Dans certains villages, les paysans ne sont même pas payés et ne reçoivent qu’un kilo de céréales par journée de travail. Et le nombre de travailleurs réduits en esclavage reste très important.

Selon certains sociologues, le seul espoir pour toute une frange de la population spoliée et méprisée réside dans des mouvements collectifs comme le Pink Gang.

Même si le groupe n’a pas de bureau, ses membres se réunissent régulièrement chez sa fondatrice pour discuter des cas à traiter et de la stratégie à adopter.

L’apparition d’une milice de femmes dans le district de Banda est le symptôme des graves problèmes sociaux qui traversent la société indienne. "Lorsque les élus refusent de répondre aux demandes des citoyens ordinaires", observe Prerna Purohit, un sociologue de New Delhi, "ces derniers n’ont pas d’autre choix que de prendre les choses en main par eux-mêmes.

C’est un coup de semonce pour le gouvernement de la plus grande démocratie du monde."

Sources :

Radio Air Libre, Dailymail.co.uk et article de Neeta Lal "Des justicières en sari"


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Delphina




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